Journal d’un zèbre en cage. Petite histoire d’une libération (9).

9

Continuer à écrire ce journal ? ou arrêter…

La crainte initiale que j’avais, avant de passer le test, était d’être en train d’écrire un « Journal d’un zèbre (…) » alors que le test en viendrait à m’apprendre que…je ne suis absolument pas au nombre de ce qu’on appelle « les zèbres » (terminologie de Jeanne Siaud-Faccin – pour rappel –, destiné à éviter le terme un peu idiot de « surdoué », car les « zèbres » ne sont pas forcément « plus » doués, « plus » intelligents mais, à l’évidence, intelligents autrement, avec, pour l’essentiel, un mode de fonctionnement spécifique). Cette crainte est levée.

La crainte, encore plus récente (et même : très, très récente), que j’avais était, en continuant d’écrire ici, dans ce « journal d’un zèbre » de m’enfermer dans cette nouvelle « catégorie », de me mettre moi-même une « étiquette » sur le front qui risquerait peut-être plus de me desservir que de me servir, de m’enfermer dans une « case » tel l’enfant – histoire, bien triste, et toute récente – qui en creusant son trou dans le sable pour s’amuser finit par s’y ensevelir lui-même et par perdre la vie. Et il est vrai que je suis toujours sur ce sentiment que s’enfermer dans une case, c’est, d’une certaine façon, perdre la vie. Au lieu d’être dans une case (« père de famille », ou « chargé de cours », ou « zèbre », ou…ce qu’on voudra), l’humain me semble plutôt fait pour avoir un pied dans une case, l’autre dans une autre case et ce,…pour s’amuser à sauter, comme à la marelle, d’une case à une autre, pour tenter de rejoindre ce qui fait office de ciel pour lui… La notion d’identité me semble requérir celle de mouvement pour être complète. Car qu’est-ce que « l’identité » si ce n’est, pour nous autres humains, l’idée d’entrer dans ce mouvement temporaire ou durable d’ « identification » à quelque chose ?

Ce matin, je crois avoir entrevu ce qui me permettra de balayer cette deuxième crainte. Et ce qui balaye cette crainte c’est l’idée qui m’est apparue concernant ce dont j’ai envie. J’ai « envie » – je ne sais pas combien de temps cette envie durera – de continuer à « creuser » ce thème de la zébritude.

« Zèbre », « zébritude » : tout ceci me semble être « à la mode ». On en parle, me semble-t-il, de plus en plus ; à moins que ce ne soit, plus simplement, moi qui m’y intéresse davantage… Je n’aime pas particulièrement m’intéresser à ce qui est, ou me semble, « à la mode » ; en revanche, j’aime m’intéresser à ce qui me touche, à ce qui n’est pas « que théorique » mais est ancré dans un certain « vécu ». Or, c’est bien de cela qu’il est question ici : un « objet » qui n’est pas qu’ « objet » mais qui entretient certains liens avec ma propre subjectivité et qui, pour cette raison, m’intéresse tout particulièrement.

Bref : « continuer à écrire ce journal, ou arrêter ? » ; réponse : j’ai décidé de continuer…

Qu’on l’appelle « zébritude » ou comme on voudra, l’ « objet » dont il est ici question continue à m’intéresser.

A titre très personnel, je sais que je vais rebalayer tous les « évènements » de ma modeste petite vie pour m’amuser à y appliquer, comme tant d’autres p’tits camarades, la « clef de lecture zébritude ».

A titre « pas uniquement personnel », j’ai « envie » de continuer à réfléchir sur tout cela : recenser les caractéristiques des « zébrés », « HPI », « multipotentiels »,… ; recenser ces caractéristiques non seulement via les lectures mais aussi via mes propres observations puisque je côtoie petit à petit et par différents biais des p’tits camarades faisant partie du même troupeau 😊…

Il ne s’agira pas simplement de « recenser des caractéristiques » mais…de coucher sur le papier mes petites réflexions car…bien des choses m’interrogent, me surprennent, attisent ma curiosité et me donnent envie d’en savoir davantage. Quand « en savoir davantage » signifie aussi et en même temps  « en savoir davantage SUR SOI », cela ne peut, à mon sens, qu’être attrayant.

« Bravo » m’a dit un p’tit camarade HPI, après que je l’eus informé des résultats de mon test Q.I. Cela me fit drôle : pourquoi me dire « bravo » pour une chose dont je ne suis pas responsable et qui n’est en rien méritante puisque c’est, si j’ai bien compris, la dimension « génétique » qui prévaut pour expliquer la cause de la « douance » ?

« Bravo »… ??? Cela m’a fait le même effet que si on me félicitait parce que mes cheveux ont poussé pendant la nuit…

Ce « bravo » m’interroge. Il y a un « bravo » (comme celui qu’on entend également quand on devient père de famille) qui semble équivaloir à « bienvenue au club ». De fait, le test de Q.I. n’est pas comme un test scolaire ou comme celui du code (de la route) où il faudrait apprendre des choses pour « y arriver » (je n’ai pas lu tout ce qui est sur « Google » avant d’aller passer ce test de Q.I., … 😉 !!!) et où des efforts méritants préalables ouvriraient naturellement – ou culturellement –, et fort logiquement, sur des « félicitations ».

Quoiqu’il en soit – et ceci n’est pas sans lien avec ce qui précède –, je me suis, par ailleurs, rendu compte qu’il y a deux types de « groupes » (ou au moins deux…) sur le net :

-le groupe qui « recrute » ses zèbres « au tout venant » et ne s’assure aucunement que le supposé zèbre en est un « officiellement » car « estampillé HPI » suite au sacro-saint et idiot test de Q.I.

-le groupe qui « recrute » en guise de zèbres uniquement les zèbres « HPI uniquement testés » par le biais du test.

L’avantage du premier est qu’il donne la possibilité à ceux qui se penseraient zèbres d’aller y voir de plus près en posant des questions aux membres du groupe et en recevant réponses, conseils, remarques en toute bienveillance.

L’avantage du second est…qu’il n’y a que des zèbres dans ce groupe… « de zèbres » (ce qui est pas mal, aussi, si on voulait trouver…des zèbres dans un groupe de zèbres, comme des…bonbons dans un paquet de bonbons 😉 !)

Le groupe du deuxième type – « HPI testé = seul accepté» – tout comme ce « bravo » me donnent l’impression qu’il y a comme une « fierté » à faire partie d’un tel troupeau dont on dit qu’il représente environ 2% de la population. « Fierté » qui peut paraitre étrange chez celui dont on dit par ailleurs qu’il est « trop intelligent pour être heureux »…

Ce que je découvre ainsi, c’est ce mixte de deux choses :

-d’une part, une certaine « fierté » d’ « être différent » et, paradoxalement, de se retrouver avec d’autres qui sont différents « eux aussi » (différence/identité) et donc une certaine joie, un certain « bonheur » si le terme n’est pas trop fort ;

-d’autre part, de vrais soucis et un certain malheur chez ceux pour lesquels zèbritude rime avec « insomnies », « crises d’angoisse », « hypersensibilité » menant à se sentir très facilement blessé, « bipolarité » menant à osciller entre phases dépressives et phases maniaques (même en l’absence de « bipolarité » de type pathologique et reconnue comme maladie), etc.

Il faudra que je continue à creuser tout cela…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s