Journal d’un zèbre en cage. Petite histoire d’une libération (8).

8

Réponse à une lectrice…

Je n’avais pas prévu de (re)parler de toutes ces choses-là si tôt…mais je découvre, dans ma boite, le message d’une lectrice…

Voici ce message que je reproduis in extenso : « Bonjour, En fait si on y réfléchit un peu vous avez effectivement payé un test dans l’idée d’avoir une réponse si oui ou non vous étiez Hpi. Mais la réponse est déjà ce que vous même aviez imaginé à savoir une hypothèse de haut potentiel intellectuel. Puisque finalement ça ne reste qu’une hypothèse dont même une professionnelle ne peut pas confirmer les résultats.
Finalement vous n’êtes pas plus avancé qu’avant d’avoir passé le test, si ce n’est d’avoir perdu de l’argent et de rester toujours avec vos questions.
Pensez-vous tout de même qu’avoir passé le test change quelque chose en vous ?
Vous attendiez vous à ce résultat ?
Vous reconnaissez vous comme zèbre ?
Si ce n’est pas au moyen d’un test comme vous avez passé, comment verriez-vous la manière de déclarer un zèbre ?
Cordialement »

Ma réponse :

Vous avez raison, et vous m’avez bien lu (peut-être êtes-vous la psychologue qui m’a fait passer le test…hi hi hi…). Je suis pour partie d’accord avec vous : j’étais effectivement sur une hypothèse, et…je n’ai guère que la même hypothèse avec la psychologue (nous sommes deux…c’est un début ! [ 😉 ]. Oui, avec toutefois, un tout petit peu plus : des données chiffrées qui me permettent d’ « objectiver » ce qui n’était guère que de l’ordre du ressenti jusque-là, ce qui était donc relativement subjectif. Ce qui est « objectif » est ici « objectif » au sens de « reconnu par plusieurs personnes » : en l’occurrence par les défenseurs de cette idée que les résultats de ce test auraient valeur de résultat officiel.

Les questions sur lesquelles je suis ne sont pas « n’est-ce pas, après tout, qu’une hypothèse ? » car les chiffres sont là, suffisamment éloquents pour certains d’entre eux, et le commentaire de la psychologue est également là pour indiquer ce qu’ils veulent dire.

Je suis « plus avancé » qu’avant ces rendez-vous car je vois des chiffres, des schémas,…et donc une autre « représentation » que celle, très subjective, que j’avais.

Si le fait d’avoir passé le test change quelque chose en moi ? Bonne question… Cela me conforte dans l’idée qu’il est normal de me sentir « bien » dans les échanges avec des amis zèbres (il est étonnant, stupéfiant de voir comment on peut se sentir ami de certains zèbres qu’on ne connait pourtant que depuis…10 minutes). Cela me donne l’impression, aussi, qu’il n’aura pas été idiot de commencer à écrire ce « journal d’un zèbre »… Il y avait cette impression subjective, à la lecture d’une trentaine d’ouvrages sur le sujet, il y avait ces 3 tests différents trouvés chez 3 auteurs différents (Wahl, Millêtre et…je ne sais plus qui…) et où « mes notes » allaient en gros de 16 sur 20 à 18 sur 20 quant au nombre de similitudes avec les HPI, il y avait aussi ces « signes cliniques » récupérés auprès d’un ami zèbre et dans lesquels je me reconnaissais également en grande partie, et il y aura eu ce test (que j’apprécie…assez peu…) qui me fait passer de « mon hypothèse subjective » à une « hypothèse objective améliorée » sur fond de chiffres et arguments assez parlants pour que l’ « hypothèse » puisse être perçue comme « thèse » de mon point de vue…

Si je m’attendais à ce résultat ? Je ne sais pas si vous me croirez mais…je m’attendais à tout sauf à ce résultat mitigé ne parlant effectivement que d’ « hypothèse » : je m’attendais aussi bien à des choses dans un sens ou dans l’autre. Se sentir « autre », « différent », « décalé » c’est, en tous cas chez moi, s’interroger sur sa « normalité ». Être « autre » ou se sentir comme tel, c’est dans certains contextes se sentir avantagé, et dans d’autres contextes se sentir désavantagé. C’est parfois se dire « chouette, je suis le seul à comprendre ce qui se passe, ou ce qui va nous tomber sur le coin de la figure » et d’autres fois se dire « peut-être est-ce anormal de comprendre les choses de cette façon ; peut-être serait-ce mieux de ne pas avoir cette capacité à voir, avant les autres, certaines choses arriver et de s’épuiser à alerter tout le monde en vain ? ».

Bref, je m’attendais à tout : dans un sens comme dans l’autre… Et cela est peut-être normal, si j’ose dire, car une certaine représentation des choses – comme la mienne – me fait être au contact de conceptions qui d’un certain point de vue peuvent être perçues comme très intelligentes et d’un autre point de vue comme proches de la folie pure. Songez deux secondes, ou un tout petit peu plus, à cette idée (à laquelle j’accorde une certaine importance) que nous ne sommes jamais en contact direct avec le réel mais que le réel perçu, pensé, auquel nous nous ouvrons est justement…toujours « perçu », « pensé » et donc intégré d’entrée de jeu dans des jugements, des catégorisations,… Dit beaucoup plus brièvement : nous ne serions pas en capacité d’être en contact direct avec le réel : n’est-ce pas…proche de la folie, cela ?

Il s’ensuit que je m’attendais aussi bien à apprendre que ce test me dise « fou » (ou « déficient ») ou « intelligent ». Au final, peut-être me place-t-il, ainsi que je me sens, et là-même où je suis : entre deux, entre intelligence et folie. Car qui est « fou » et qui est « intelligent » ? Sont-ils « intelligents » ceux qui, tranquillement, ont mis en route des « camps de concentration », ceux qui encore aujourd’hui donnent dans le « harcèlement moral », ceux qui, comme je viens de le voir sur FaceBook » s’amusent à tabasser des chiens entre amis rigolant bien de leurs exploits immondes, ceux qui, tout là-haut, s’amusent à dire « si tu me lances ta bombe nucléaire, je te lancerai la mienne qui est plus grosse » ?

Allons plus loin : sont-ils… « intelligents », « HPI », « zébrés » ou « ce que vous voudrez »…ceux qui acceptent qu’on mesure l’intelligence ou « zébritude » d’un individu (en 2018 !!!) à partir d’un test dont presque tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il est plutôt idiot et inadapté ? (Même la psychologue qui l’avoue en s’excusant de poser certaines questions ! c’est tout de même un signe…non ?) Mesurer l’intelligence de façon idiote, est-ce intelligent ? (« Vous avez quatre heures pour traiter le sujet… » 😉 !!!)

Si je me reconnais comme « zèbre » ? Je vais vous répondre de façon indirecte en vous disant ce que m’a dit ma compagne avant les résultats du test : elle m’a dit… : « moi je le sais déjà ! […que tu es un zèbre]». Et ne comptez pas sur moi pour vous raconter mes aventures/mésaventures de zèbre : j’aurais trop peur de vous faire rire pendant quinze jours sans discontinuer… 😊 hi hi hi…

Je déteste les étiquettes, les cases, les…, mais « OUI, pour répondre à votre question, je savais déjà qu’il y avait un faisceau d’indices concordants ». Quand vous lisez 30 livres sur le sujet et…que vous avez comme l’impression que certains auteurs vous espionnent au quotidien pour parler aussi bien de vous, c’est tout de même un signe… Après, hélas, il y a toujours les doutes qui reviennent : « n’est-ce pas le fameux effet BARNUM, le fait que, comme dans l’horoscope, n’importe qui trouve à se reconnaître dans des discours prenant la forme de généralités ? »…

Comment je vois la manière de déclarer un zèbre, c’est-à-dire d’acter que quelqu’un est un zèbre ? Je dirais : en utilisant tout simplement les tests qui sont dans certains livres et ce que certains appellent les « signes cliniques ». Les « zèbres » ou « HPI » ou… : tous les zèbres ou presque se retrouvent dans tout un tas de caractéristiques qui ont été notées noir sur blanc dans quantité de livres et d’articles : pourquoi ne pas tout simplement voir si on coche « OUI ou NON » dans ces tests (ou dans un test qui rassemblerait le meilleur de ces tests ! La psychologue, avec qui j’échangeais à ce sujet, me disait qu’effectivement nous avons tout ce qu’il faut pour créer un vrai test et – c’est moi qui ajoute ceci – mettre le test actuel…à la poubelle…)

Les tests et caractéristiques ou « profils » (qu’on trouve dans divers livres et articles) ont été faits en se disant « toutes les personnes surdouées, zèbres, HPI ont ces caractéristiques de façon constante » : une fois qu’on sait cela, on a ce qu’il faut pour un test « objectif » ! Pourquoi, dès lors, continuer avec un test idiot qui ne mesure en outre qu’une partie des choses : ce test complètement dépassé ne dit rien sur la pensée en arborescence ou pensée par associations d’idées ; il ne dit rien non plus sur le fait que les zèbres s’ennuient mortellement dans des discussions sur « le temps qu’il fait » ou « les couches du petit dernier » et toutes ces choses « terre à terre » ; il ne dit rien sur un vrai besoin de spiritualité et de sens qui fait vibrer la vie du « zèbre » ou « Gifted (doué)… » ou « surdoué » ou « HPI » ou « hyperfonctionnant (dernière trouvaille repérée… 😉») ; il ne dit rien sur le fait que les zèbres ont cette caractéristique de se repérer entre eux (eh oui ! ).

Bref, on continue à conduire avec une brouette (test QI « WAIS IV »)  le repérage du zèbre alors qu’il y a, juste à côté, une voiture tout confort (tests chez Millêtre, Wahl, Foussier, ou Jacobsen en anglais, etc.).

J’espère avoir répondu à vos interrogations ? Merci pour cet échange… 😊 ! Oui,…ça m’y fait également penser, la plupart des zèbres adorent les échanges… hi hi hi…mais ça, vous l’aurez remarqué…

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