Journal d’un zèbre en cage. Petite histoire d’une libération (4)

  • Publié par Philippe Géléoc (philippegeleoc@yahoo.fr)

Philippe Géléoc  / Jeudi 22 mars 2018 (7h23, début…)

4

Nos cages et cases identitaires…

« Je suis zèbre », « je suis musicien », « je suis vraiment trop nul », « je suis plutôt crêpes sucrées », « j’ai un sale caractère », « je suis quelqu’un d’anxieux », « je suis quelqu’un d’extraverti », … Nous passons une grande partie de notre vie à tenir un discours sur nous-même. Plus précisément, nous passons notre vie à sentir défiler en nous, chaque jour, des dizaines de milliers de pensées et, parmi ces pensées, il en est une grande partie au sein desquelles nous nous focalisons sur « qui nous sommes », sur « ce que nous valons au regard d’éléments extérieurs comme les notes, les autres, les évaluations du prof, du chef ».

Un jour un homme politique a décrété qu’il fallait engager une réflexion sur « c’est quoi l’identité française ». Par-delà le fait de flatter les instincts les plus vils de ceux qui n’attendent qu’une occasion de plus pour entrer dans le moule de l’« identité-repli », j’ai toujours pensé qu’il s’agissait de la plus grande bêtise qui soit (et, je le précise tout de suite, « sans être encarté dans un quelconque parti », je laisse cela à d’autres…). Et je crois bien que le résultat, même si je ne l’ai pas moi-même suivi de près, fut du niveau de l’idée qui avait présidé au projet, soit d’un niveau très faible. En clair, si mes souvenirs sont bons, il ne me semble pas que cette histoire de débat fut franchement une réussite. Comme les « cafés philo », j’imagine qu’il y avait à de telles réunions pas mal de « café » mais…peu de vraie « philo » …

Dans la série « cages et cases identitaires », me revient à l’esprit le souvenir du « groupe » ou « mouvement des reçus-collés ». Des jeunes et moins jeunes ayant décroché un concours de la Fonction publique territoriale s’étaient regroupés pour se révolter contre le fait que bien qu’ayant été « reçus » au concours (ils avaient le concours en poche), ils ne parvenaient pas à faire que leur candidature (lettre de motivation + CV) soit retenue dans une collectivité. Pire : au bout de trois ans certains d’entre eux « perdaient le bénéfice du concours », comme on dit : c’est comme si en 2018 vous décrochiez un concours de « cadre A » (tout en haut de la « hiérarchie » administrative…), puis que ça se passe mal car nulle part on ne retient votre candidature ; vous finissez alors « reçu-collé », c’est-à-dire « reçu » certes au concours mais… « collé » trois ans plus tard. Prêt à gagner 1500 € en 2018 pour finir au RSA à 500 € trois ans plus tard (GLOUPS !). On comprend que ce système injuste ait énervé quelques-uns…car même si on est prévenu dès le départ, on ne sait pas forcément qu’en raison d’un certain processus, plus le temps passe et…moins les recruteurs ont confiance en nous. Pourquoi ? Tout simplement parce que le recruteur qui voit que vous avez décroché le concours en 2016 par exemple et que…en 2018 vous êtes toujours sans emploi, ce recruteur commence à avoir des doutes sur vous. Quant à vous, comme vous pouvez l’imaginer, passer deux ans à ne pas réussir à « décrocher le job » : ce n’est pas la meilleure façon d’avoir son niveau de confiance en soi au top. Mais…fermons cette parenthèse et venons-en à ce que je veux dire ici. Car, non, je n’ai pas perdu de vue mon idée. Et quelle est cette idée ?

L’idée est la suivante. C’est moins une idée, d’ailleurs, qu’une simple remarque que je m’étais faite. J’avais remarqué que certains membres de ce groupe étaient assez virulents dans leurs propos à l’égard de tous ces employeurs qui ne leur répondaient pas et/ou ne retenaient pas leur candidature. « Nous sommes les reçus-collés » semblaient-ils se dire, avant même d’avoir été collés. Autrement dit, ils se tenaient à eux-mêmes un discours du type « je suis du groupe reçus-collés et je vais donc, fort logiquement, finir collé, à cause de ces salops d’employeurs qui ne nous recrutent pas » (je force un peu le trait, et je m’exprime volontairement de façon relâchée, afin d’être clair, mais il me semble que j’exagère à peine quant à l’état d’esprit de quelques-unes de ces personnes). Etrangement et fort paradoxalement certains d’entre eux semblaient avoir enfilé le vêtement douillet de la posture victimaire et s’y sentir si bien qu’ils ne voyaient pas que les employeurs potentiels avec lesquels ils souhaitaient travailler étaient ceux-là même sur lesquels ils étaient en train de taper. Or…vous me concéderez qu’il est somme toute assez rare de vouloir recruter quelqu’un qui en guise de premières amabilités vous donne un coup de marteau sur le coin de la tronche… ; non ? je me trompe ? 😉

Une des choses les plus étonnantes : se dire « je ne vais pas y arriver car il entre dans mon identité de reçu-collé de…finir collé ». Et la fameuse « prophétie auto réalisatrice » joue alors à plein : au point qu’on soit déçu d’échouer mais…content d’avoir raison en ayant dit qu’on allait échouer. « O Nature humaine (si tu existes…), tu nous surprendras toujours ! »

Tout ceci pour dire quoi ? Pour dire, tout d’abord, que notre identité ou soi-disant identité me semble tenir surtout dans le discours que nous nous tenons à nous-mêmes sur « qui nous sommes » : « reçus collés », « quelqu’un de jaloux », « quelqu’un qui est plus tarte aux pommes que gâteau au citron », « timide », « introverti », etc. Pour dire ensuite que ceci, quoi qu’on en dise est de l’ordre du choix et que ce choix n’est ni anodin ni sans conséquence.

Ainsi le « reçu collé » se voue-t-il pour partie à finir collé pour de bon. Ainsi celui qui se pense enfermé dans sa timidité ou son introversion se pense-t-il incapable de prendre la parole en public. Ainsi celui qui se pense jaloux pense-t-il ne pas pouvoir supporter le regard d’un autre posé sur son compagnon ou sa compagne.

Où l’on voit que « l’identité » ou « ce qu’on croit être » génère des comportements corrélatifs sur lesquels il ne serait pas idiot de réfléchir : si « se dire qu’on est comme ceci ou comme cela » finit par nous enfermer dans une cage et/ou une case au sein de laquelle nous ne sommes plus en mesure d’accéder à nos ressources pleines et entières, n’est-il pas absurde de…s’enfermer soi-même à double tour dans et par un discours trop restrictif porté sur soi ? « Que voulez-vous ma petite dame, je suis timide, je ne peux pas prendre la parole pendant le cours ! » Réponse que je ferais : « vous ne pouvez pas…POUR L’INSTANT », et j’ajouterais : « reste que vous n’êtes pas figé, englué pour l’éternité dans cette timidité…hormis si, bêtement, vous avez réussi à vous faire croire cela ».

Le lien avec les « zèbres » ?

Qu’est-ce qu’un zèbre ? Un type plus intelligent qui serait « au-dessus des normo pensants ? », Ou, un type qui a plus simplement un mode de fonctionnement différent et complémentaire d’autres modes de fonctionnement « non zèbres » ?

On le sent bien, la définition qu’on se donne à soi-même de ce qu’on est induit un ensemble d’attitudes, de comportements, d’actions, de réactions. Ainsi voit-on – je ne citerai pas de noms mais… « j’ai les noms », comme disait, notre maître à tous, Coluche – des zèbres fort humbles, mais aussi d’autres constamment énervés par la soi-disant « bêtise » des autres.

Où l’on voit que le choix, en pareille occurrence comme en bien d’autres, le choix est là de « se dire à soi qu’on est ceci ou cela », « ceci plutôt que cela », et le choix est là, également, d’opter dès lors pour une option éthique de type élitiste ou une autre option qui vise…comment dire… (« ami Rabelais, es-tu là ? »)…qui vise à vouloir « ne pas péter plus haut que son cul ». 😉

Information aux lecteurs :

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2°) Paiement des 5 euros sur : PayPal.Me/philippegeleoc

 

 

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