Journal d’un zèbre en cage. Petite histoire d’une libération (2)

  • Publié le 4 mars 2018 par Philippe Géléoc (philippegeleoc@yahoo.fr)

Philippe GELEOC

Philippe Géléoc / Dimanche 4 mars 2018 (5h30-6h48 du matin)

2

Mais « qui suis-je ??? » bon sang de bonsoir !!!

C’est sans doute débile mais…bien que convaincu que je suis zèbre, après avoir passé trois ou quatre tests différents dans les livres dédiés, je continue à douter…

Le discours intérieur lancinant est bien là : «  Suis-je vraiment zèbre ? Si je réussis tel nouveau test dans tel nouveau bouquin, n’est-ce pas parce que, à force de lire des articles et ouvrages sur cet étrange animal, j’aurais fini par programmer mon cerveau à projeter ces profils lus dans les livres sur les tests ? Si l’explication devait être celle-là, là où je croirais cocher telle case du test en me considérant moi-même dans ma façon d’être : inconsciemment je ne ferais, en fait, que régurgiter cette littérature zébrée et l’étaler sur chaque tartine de chaque test… »

Conclusion ? « J’en ai marre ! » Plus que marre de tourner en rond. Aucune sortie sur ce rond-point ??? Ce n’est pas possible ?!? Est-ce un cauchemar ? Marre, cauchemar(re)…la rime est là.

Peut-être devrais-je me reprocher d’être devenu « livresque » ? Au lieu de me considérer moi-même, sans médiation, je serais entré dans une phase nouvelle : la phase du « type livresque » ; la phase où à force de lire des livres – et j’en ai lu 101 un très exactement en 2017 – le livre finit par devenir le filtre, le miroir déformant de la réalité. Il s’en suivrait, si nous poursuivons le raisonnement, que je ne me saisis plus, que je ne suis plus capable de m’appréhender directement par le biais de l’intuition immédiate. Je suis devenu « étranger à moi-même ». « Aliéné », « alienus » en latin = étranger…

Est-ce cela qui m’arrive ?

Je pense à Onfray, notre philosophe national, celui qui m’a battu – je n’ai réussi à faire mon infarctus qu’à 44 ans, lui à 28 ans. Un précoce… Je pense à Onfray, disant : « il s’agit de lire des livres pour bien vivre, et non de…vivre pour bien lire… ». (Toujours le sens de la formule, le petit Onfray…) Serais-je tombé dans cette ornière ?

Non, je ne pense pas : je ne pense pas être devenu « livresque ». De fait, je fais quantité de choses à côté de la lecture : boulot, cours, bouquins, posts, temps avec la p’tite famille, activité physique et même…pétanque avec l’un de mes p’tits camarades que…je soupçonne lui aussi d’être zèbre.

J’ai bien songé à passer le fameux « test de QI » (quotient intellectuel) mais…je crois bien que j’ai peur. Oui, je l’avoue, j’ai peur. « Peur de quoi » ?

J’ai peur…que la psychologue qui me fera la restitution me dise : « Monsieur Géléoc, il va falloir prendre les choses sereinement » [et je sentirai déjà, par cette seule phrase, que l’experte qui s’y connaît est sur le point de m’annoncer le pire…], « Je vous explique : voilà…il me revient la tâche difficile de vous informer de ceci (…) » [et là…je le sens déjà, rien qu’en y pensant,…mon palpitant va monter, monter, monter…je vais entendre les battements de mon cœur au niveau des tempes, puis ces tempes qui enserrent et contractent mon cerveau comme les deux mâchoires sans état d’âme auxquelles, tel au bourreau, on aura donné ordre de…faire leur boulot, de compresser ce qu’il me reste entre les deux oreilles et…jusqu’au point de me faire mourir car mon cerveau, tel du polystyrène qui s’effrite entre les doigts va devenir friable à volonté, jusqu’à sa propre destruction, son propre anéantissement ferme et définitif (« adieu petite bougie de la vie, la flamme, qui te faisait être qui tu es, s’est éteinte sous l’effet d’un tout petit coup de vent soudain », « adieu conscience, petite fenêtre ouverte sur la vie, le grand rideau est tombé, les volets ont été fermés, nous entrons à nouveau dans l’obscurité du néant, celle-là même qui nous avait vu surgir pour quelques années » ; C’est incroyable ! Non ? C’est incroyable ce que notre imagination est capable de faire dès que nous lâchons la bride, non ? Elle anéantit tout, ne laisse rien sur son passage : pas même les beaux projets qui nous auraient permis de devenir, de nous faire être celui/celle que nous aspirions à être, en rêve. L’imagination de l’état de veille, capable de détruire nos plus beaux rêves : qui l’eut cru ? Mieux : cette « imagination »…en fait…c’est « NOUS » : c’est donc « NOUS » qui détruisons par avance nos plus beaux rêves, « NOUS » qui nous bloquons NOUS-MEME, et donc « NOUS » qui sommes capables de devenir notre pire ennemi, celui qui va nous mettre un tapis glissant sous les pieds et « hop ! » nous faire chuter. NOUS SOMMES les artisans de notre propre chute ! Incroyable…Restera à se demander si, inversement, l’autre chose n’est pas possible tout autant : ne pourrions-nous pas être le sculpteur de notre vie, l’artisan soucieux de créer son œuvre pour ensuite trouver à s’y mirer en voyant « à l’extérieur » ce qui, un temps, ne fut que beauté de l’idée « à l’intérieur » ? Il me faudra y revenir… ]. Bref, la psychologue ôtera ses lunettes d’institutrice, ou mieux, me regardera par en-dessous et me dira : « Monsieur Géléoc, vous avez un QI très faible…, presque inquiétant… » et là… Là, je friserai l’apoplexie… La honte s’emparera de moi : « écriture de ton journal du zèbre comment as-tu pu faire cela ? Tu n’es qu’un imposteur…Et ne me dis pas que les zèbres sont toujours sur le sentiment d’être des imposteurs car…toi…tu n’en es pas un ! (« hi hi hi, ha ha ha », comme le rire gras du nazi qui a vu le juif tomber, puis retomber sous le poids de la charge qu’on lui intime l’ordre de porter et transporter) et là…là je sens bien que tout ce qu’il me restait d’échafaudages et de contreforts pour « faire tenir » une construction identitaire déjà bien fragile, tout cela viendra s’effondrer. Comment m’en sortirai-je si c’est dans un tel cheminement de destruction de soi que je m’achemine en…me lançant dans l’étude du QI, comme on se lance des hauts d’une piste de ski sur un coup de tête en faisant abstraction de la couleur de la piste et des dangers afférents ?

Aujourd’hui, un peu perturbé par tout cela une « amie qui (me) veut du bien… » me laisse un message sur « quelques particularismes zébrants qui se remarquent assez rapidement à mon contact ». Je suis absolument concentré sur ce qu’elle va dire : comme le chien qui attend que son maître lance pour la cinquantième fois la balle ou le bâton. Je suis sous tension, un véritable pylone électrique.

« En premier lieu, il y a cette capacité +++ de lecture. Non seulement tu sembles lire vite, mais tu analyses et retiens / assimiles chaque lecture. C’est un point que je retrouve chez les quelques autres profils de zèbres universitaires croisés durant mes années d’études. Deuxièmement, la curiosité qui se traduit par une sorte de boulimie de projet ☺ Je crois, mais ça n’est pas scientifiquement étayé, qu’il y a aussi une nécessité à concrétiser et partager les connaissances. Enfin, ces hauts potentiels sont, il me semble, un peu perturbants pour nous, les normo-potentiels. Ils nous renvoient à nos limites. Ils ont la capacité de travailler énormément sans grandes difficultés (peu de sommeil, concentration importante…) (…)Alors, il y va de la capacité de chacun à vivre ensemble et s’entendre pour se faire grandir. Pour ma part, j’apprécie de pouvoir échanger et d’apprendre au contact de ces personnes aussi. Je ne sais pas si je suis très claire dans mes propos. Je comprends qu’un zèbre qui se «découvre» puisse en être déstabilisé, que dans sa vie les choses ne soient pas simples. La grille de lecture qu’il a est plus complexe que pour d’autres. Bonne soirée à toi et à bientôt… »

 

Ouf…ouah ! Quel bonheur… J’étais en apnée depuis si longtemps à me dire que tout cela n’est que projection livresque sur mon être, par un « moi » forcément imbu de sa personne pour se penser comme cela…

Je remonte à la surface…ça y est…plus que cinq secondes… ça y est ! J’arrive à la surface, enfin !!! Je prends une grande inspiration et une grande bouffée d’oxygène. Je n’avais pas respiré depuis si longtemps ! Je tousse comme un crevé tellement je suis resté longtemps sans respirer.
Une formule me revient à l’esprit « savoir qu’une vie seulement a respiré plus facilement grâce à vous, voilà ce qu’est la réussite ». Bravo ma douce amie…tu as « réussi »…Merci. Mille « merci ».

Information aux lecteurs :

Le Journal d’un zèbre en cage. Petite histoire d’une libération. va faire l’objet d’une publication. Souhaitez-vous réserver votre exemplaire e-book en bénéficiant de 30% de réduction ? en payant l’ouvrage 14 euros au lieu de 20 euros ? C’est possible en passant par deux étapes :

1°) Je laisse ce message à l’auteur : « Bonjour, je souhaite recevoir mon ouvrage « Le journal d’un zèbre en cage ». Je paie dès maintenant 5 euros pour le réserver. Il me restera à payer 9 euros quand l’e-book sera prêt. Dès que j’aurai réglé les 9 euros, je recevrai sur ma messagerie mon e-book « Le journal d’un zèbre en cage ». Merci. Cordialement. [indiquer votre prénom et votre nom] » (copier coller de ce message et transmission à : philippegeleoc@yahoo.fr)

2°) Paiement des 5 euros sur : PayPal.Me/philippegeleoc

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