Journal d’un zèbre en cage. Petite histoire d’une libération

par Philippe Géléoc ( philippegeleoc@yahoo.fr)

Vendredi 2 mars 2018 (4h du matin)

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S’autoriser à…

Voilà une nouvelle journée  qui débute. Vu le programme, je me sens le plus heureux des zébretons : ouverture de ce nouveau journal, possibilité de poursuivre dans le travail que je viens d’enclencher pour décrocher six certifications (praticien PNL, Praticien Analyse Transactionnelle, praticien Ennéagramme, hypnose classique, hypnose ériksonienne avec praticien puis maître-praticien), petit déjeuner avec une amie que j’adore et avec laquelle j’éprouve, ces jours-ci, l’immense besoin de parler de moi… et de nous… car je pense qu’elle est également zèbre, rencontre ce matin à 11h avec un type extrêmement intéressant qui est, dans son domaine, un expert mondialement connu et reconnu, afin qu’il puisse me voir ou pas comme son futur collaborateur, rendez-vous téléphonique à 16h avec une des trois personnes intervenant le 20 avril prochain à la rencontre de la Breizh Academy, que j’ai fondée, sur le thème « Bien vivre au travail ». Bref : une journée comme je les adore, parsemée des fleurs les plus belles qui soient à mon goût : échanges intellectuels intenses, découverte d’autrui à travers une rencontre face à face inédite faisant suite à un simple premier échange téléphonique, lecture, écriture, enrichissement personnel continu par l’apprentissage de nouveaux contenus de connaissance et surtout par l’apprentissage de nouvelles compétences (savoir, savoir faire, savoir être) liées à la connaissance de soi et des autres.

Je suis en arrêt de travail à cause d’une infection au niveau du pied qui m’a fait me rapprocher pour la deuxième fois dans mon existence de la grande faucheuse et, pour autant, je ne suis pas malheureux : ce serait même le contraire puisque me voilà on ne peut plus libre de faire ce que je veux. Mieux : je suis libre de faire ce qui me passionne, ce que j’aime faire.

Souvenir 

Je suis au bureau. Une collègue entre, me dit rapidement bonjour puis, n’y tenant plus, me lâche :

-Comment tu as fait ?

-Comment j’ai fait… quoi ?

-Le compte rendu…comment tu as fait ?

La veille, chacun de nous avait, de son côté, à animer un atelier avec quelques dizaines de personnes (des partenaires). Pour ma part, j’ai éprouvé le besoin de rédiger rapidement un compte rendu des échanges ; je suis donc rentré chez moi, j’ai « pondu » ce compte rendu sur la base des petites notes prises sur un petit carnet pendant l’animation des échanges que nous avions, une collègue co-animatrice et moi, avec le public. Bref, rien que de très banal, si ce n’est que j’ai transmis aujourd’hui dés la première heure mon compte rendu très fourni des échanges qui prirent fin la veille vers 16h. J’ai été assez rapide ; mais il est vrai que « quand j’aime bien, je suis assez rapide (pas systématiquement dans tous les domaines toutefois, fort heureusement ;-)»

La collègue me parle, me regarde puis détache son regard de moi, comme prise en otage par son monde intérieur où semblent grouiller mille questionnements qui n’attendent qu’un signal pour déborder et faire sauter le couvercle.

-Je ne sais pas comment tu as fait… On dirait que tu as enregistré la séance et que tu as simplement retranscrit dans toute leur exactitude les propos de chacun. En lisant ce compte rendu j’ai eu l’impression d’être à ta réunion d’hier !!! D’où ma question :  » comment tu fais ? » Parce que moi…je suis incapable de cela !

Je lui explique : le petit carnet dans lequel je note quelques petites choses qui sont autant de petites traces à partir desquelles ma mémoire va me permettre de retrouver tout ce qui fut dit, la relecture de ces petites notes puis la rédaction du compte rendu. Simple…

Je le sens bien : pour une raison que j’ignore alors, ne sachant pas encore que je suis zèbre et que j’ai certaines capacités dont tout le monde ne dispose pas, je crois, un peu bêtement et naïvement que « tout le monde peut en faire autant ».

Éberluée ma chère collègue quitte mon bureau en se retournant une fois comme pour s’assurer en me regardant que ses yeux ne la trompent pas et que je n’étais pas une apparition. Elle me fait l’effet de quelqu’un qui viendrait d’avoir une entrevue avec la vierge Marie. Ce qui me semble relativement simple et à la portée de « qui veut bien se donner la peine de travailler un peu », elle me semble le concevoir, en dépit de mes explications, comme…un miracle du Saint Esprit. Mais qu’y puis-je ?

Plein de souvenirs du même acabit affluent ces jours-ci à ma mémoire : je relis peu à peu ma vie passée à la lueur de ce nouveau principe explicatif « Philippe Géléoc, tu as découvert ta zébritude à 49 ans mais…cette zébritude, tu l’as en toi depuis tout petit ».

Un autre souvenir me vient, celui de mon oncle, frère de ma mère (tous les deux décédés) disant à cette dernière, selon ce qu’elle m’en rapportera plus tard : « J’ai échangé avec Philippe. Vu les questions (métaphysiques) incroyables que se pose ce gamin, je pense qu’il va plutôt s’acheminer vers des études littéraires ».

Banco ! J’ai « fait philo »…

Je réalise peu à peu ce qui m’arrive. Je n’avais pas confiance en moi, j’avais l’impression d’être un imposteur en étant chargé de cours  à l’université et…en fait…j’en ai pourtant le niveau, sans quoi on ne m’aurait pas « confié » autant de cours à dispenser à l’Université et ailleurs, chaque année depuis une quinzaine d’années.

Bref :  » mon p’tit Philippe tu es (sur)doué, ou tu es zèbre si tu préfères et, quelle que soit l’humilité avec laquelle tu abordes cela, il faut te faire à l’idée que tu ne peux pas sauter par-dessus toi et nier ta nature de zèbre ; tu ferais d’ailleurs mieux de réfléchir à toutes ces choses que tu peux potentiellement réaliser maintenant, au lieu de rester t’enfermer bêtement dans ce manque de confiance en soi et ce sentiment idiot d’être un imposteur et de ne pas mériter de dispenser des cours à l’Université. Et…inutile de perdre ton temps à te demander si tu ne devrais pas tuer dans l’œuf ce projet de « journal d’un zèbre en cage ». Tu sais très bien que ce n’est ni par narcissisme exacerbé, ni par absence de sens de la pudeur que tu vas l’écrire mais parce que, au-delà de ta petite personne qui sera restée un petit temps sur cette terre, d’autres te liront et y trouveront du bénéfice d’une façon ou d’une autre. Il ne s’agit pas tant ici de toi que, à travers toi et au-delà de toi, de la condition des zébrés, surdoués, haut potentiel intellectuel, haut potentiel émotionnel, atypiques, doués, atypiques, intuitifs ».

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