Arborescences (6) et découverte du pays de la zébritude…

23 février 2018

Déambulations psychiques du zèb’reton…(9)

-Etre à une réunion puis…soudain se voir comme de l’extérieur à cette réunion en se disant que tous autant que nous sommes, autour de cette table, chacune/chacun avec ses manies, chacune/chacun avec ce rôle endossé comme un manteau pour la journée…nous ne serons plus là bientôt, et d’autres joueront à leur tour ces petits jeux…
-Admirer les personnes qui habitent des discours de certitude quand on ne peut se défaire de l’idée qu’une certitude n’est jamais que la construction fragile érigée par un sujet lui-même fragile.
-Ne pas comprendre que seule une infime minorité de personnes est disposée à échanger longuement sur des sujets pourtant aussi essentiels que ce qui nous définit, ce qui peut faire sens pour l’humain,…
Impression plus globale de composer : un pied dans mon monde, un pied dans le leur. Crainte récurrente de passer pour un OVNI prétentieux…puis…vient l’heureux moment du : « soyons fou ! Soyons nous même ! Au diable les regards de travers possibles, il y en aura toujours quoi que l’on fasse, quoi que l’on dise. Osons avant qu’il ne soit trop tard pour oser ! » Merveilleux sentiment de liberté !

Déambulations psychiques du zèb’reton…(10)

Apprendre, partout, tout le temps et s’enrichir de la plus belle richesse qui soit. Petit zoom illustratif… Il y a quelques minutes, une infirmière passe pour changer mon cathéter (séjour à l’hôpital. Rien de grave…). Je la sens nerveuse : gestes précis mais brusques, pensées intérieures qui la mènent à commettre quelques maladresses. Elle rate la veine en « passant au travers. » J’observe l’aiguille entrant dans mon bras : comme si je suivais un documentaire, pour « apprendre » et aussi pour apprendre sur moi : vais-je tomber dans les pommes en regardant l’aiguille s’enfonçant dans ce truc dont je parle comme tout le monde en disant « moi  » ? Pourrais-je faire ce métier, faire une piqûre sans m’écrouler sur le patient ? Test réussi ! Mon infirmière, elle, peut-être pour partie tendue par mon regard sur mon bras, se croyant peut-être jugée, ne semble pas se détendre : « rassurez-vous, si ça rate une 2ème fois, c’est une autre qui prend la suite »me dit-elle (c’est pourtant elle qui aurait besoin d’être rassurée, il me semble…). Prophétie autoréalisatrice ? Le 2ème essai est un échec. Je ne lui en veux pas, j’ai détourné le regard pour essayer de l’aider mais rien n’y fait. Elle s’excuse ; je lui dis que je lui suis reconnaissant de veiller à faire ainsi son travail au mieux. Je sais qu’elle a fait de son mieux en usant de cet instrument de travail si délicat à manier : « soi-même » avec une dextérité dans le geste qu’il est possible de faire progresser, une psychologie personnelle aux allures, parfois, d’un cheval fougueux qu’il faut arriver à dompter, à maîtriser, à conduire. J’ai beaucoup appris, comme partout, comme tout le temps : sur moi, sur autrui, sur les effets de nos interactions, sur le fait que le métier de soignant est un bien beau métier où il faut apprendre à être humble en sachant passer le bâton au suivant sans s’en vouloir de ne pas toujours réussir. Cette jeune infirmière a aussi le temps et la chance d’apprendre et…de m’apprendre sans le savoir 😉

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