Arborescences (1)

20 janvier 2018

Petite marche… Et comme toujours toutes ces idées qui vont, qui viennent, qui me passent par la tête… Envie d’écrire au retour… ça y est, j’y suis.

D’un côté, « le bonheur »…tant prisé, chez soi,…et même au travail maintenant (certains veulent apporter du bonheur en entreprise ; bonne nouvelle : ils ne sont pas prêts d’être au chômage… 😉 mais sans doute mon point de vue est-il caricatural, je demande à voir…même si, je l’avoue, par avance je n’y crois pas un quart de seconde : apporter « de l’extérieur » le bonheur, c’est-à-dire un « état de plénitude permanent »…Absurdité, hormis pour les « imbéciles heureux » qui voudront bien signer le contrat…Mais encore une fois, je demande à voir…) et puis, de l’autre « la pilule du bonheur » si on voulait résumer l’idée : l’idée que les français sont dépressifs, qu’ils voient plus le verre à moitié vide que à moitié plein (et s’empressent, pour certains, de se jeter sur celui qui est « plein » afin de le rendre « vide », tout ça pour finir « plein… » avec, au bout du bout, un sentiment de « vide »…Tristesse ; tristesse de voir ces « personnes-épaves » qui déambulent dans certaines rues brestoises tandis que je rentre du travail dans ma voiture confortable…).

Les français seraient donc « déprimés », ils auraient besoin de « bonheur ». Soit. Dont acte.

Il y aurait des trucs simples à faire. « J’avais » trouvé un truc simple (je garde les droits d’auteur 😉 ) : au lieu de se morfondre le matin parce qu’on ne sait pas si c’est la chemise rose, ou la noire, ou la grise… acheter 5 chemises noires (histoire de ne pas être embêté par le fameux « embarras du choix »). J’avais proposé cela à ma compagne (je suis marié [« oui, désolé, Mademoiselle, il faudra faire abstraction de mon charme irrésistible » 😉 ] mais je dis « compagne » car elle m’accompagne, et la réciproque est vraie ; et…je déteste dire « MA femme », comme « MA voiture… ») . Sa réponse (à ma « femme », si vous préférez) : « tu es vraiment atypique ! » et (petit ajout sympa, pour la route) : … « et il a fallu que ça tombe sur moi !!! » (et ça dure depuis 20 ans, cette histoire-là… 😉 )

C’était pourtant simple : la même chemise noire tous les jours et…bien entendu en la changeant chaque jour pour ne pas se faire repérer (« Tiens, y a Philippe qui arrive » / « Ah bon ? Comment tu sais ça ? / « Je sais pas…je le sens, c’est tout… »).

Ma compagne était donc contre moi…en tous cas contre cette idée…

Mes enfants ? Pareil… (« Maman, tu crois qu’on arrivera à « déplouquiser » papa un jour ? » [gloups…]

Pire : j’avais contre moi… « la mode », en tous cas le fait qu’il faille régulièrement changer de type de vêtement : porter des chaussures extra-plates même si on a des ampoules aux pieds avec ces machins horribles et même si on a mal au dos (ceci dit, pas évident de frimer quand on finit par marcher comme Bourvil…), avoir le portable dernier cri (« papa, c’est quand que tu mets ton portable au musée ? » [re-gloups…]), mettre un blouson « doudoune » même si on se fait l’effet d’être le bonhomme michelin et qu’on est effrayé, par avance, à l’idée d’une crevaison qui nous mènerait, tel un ballon, à virevolter dans les airs [« Oui, je sais, cher lecteur, il faut que je consulte… ; ma compagne n’est pas sans m’y avoir déjà invité, rassurez-vous… »]

Bref : on déprime… On a des idées simples qui pourraient faire l’affaire pour être heureux (du genre : écrire ces quelques lignes, à fond, pour goûter à la joie d’écrire…ou autre chose : là, par exemple, je vois sur Internet que certains font des courses…de tortues…ce ne sont donc pas les idées qui manquent…) mais « NON » : on préfère acheter 15 chemises, s’énerver car on ne sait pas si c’est la bleue ou la verte qui ira le mieux avec la cravate et les chaussettes et…c’est « TOUJOURS » la chemise jaune à carreaux, non repassée par « Bobonne » qui manque à l’appel [Merci de ne pas faire part de cet article à ma compagne, c’est une question « de vie ou de mort » et je vous déclare responsable de ce qui pourrait m’arriver dans le cas où vous passeriez outre la présente injonction].

Donc, ce matin, je marchais…et je me disais cela : qu’on pourrait faire simple, et donc plus intelligent, mais qu’on ne sait pas faire simple…(et donc…on ne fait pas intelligent…[snif!])

Par association d’idées, je pense à cette photo du peuple zoulou, photo que m’a transmise une amie qui s’est rendue en Afrique du Sud dernièrement. Aucune chemise, ni noire, ni rose, ni… Aucun portable, ni « Samsaoûle », ni aucune autre marque…et pourtant ils semblent si heureux grâce à leur « richesse de cœur » (dixit mon amie)…

Conclusion ? Euh…et si on allait prendre des cours chez les bantous ? Non ? Ça ne vous dit pas ?

« Moi, je bends tout, pour aller prendre des cours chez les ventous »…

Excusez-moi, je m’enrhube…, pardon, je m’enrhume…(ça c’est la marche de ce matin en pleine tempête…grrRRR !!!)

Plus sérieusement (promis, j’essaye) : et si…on essayait de « faire simple » ?

Pourquoi aller « faire du coworking » quand on va, tout simplement, « travailler avec d’autres » ou travailler « à côté d’autres » ? Pourquoi vouloir de « l’innovation (sociale) » à tout prix quand on n’a même pas, tout simplement, commencé par se demander au préalable si ce qu’on faisait jusqu’à présent fonctionne bien ? Pourquoi se rendre malade parce qu’on doit aller chez les DUPONT ou les DURAND qui nous ont invités à manger quand on peut, tout simplement, dire « NON » (3 lettres) et ajouter « Merci » (5 lettres + les 3 qui précèdent = 8). Ils ne seront pas contents ? Et alors ? Ils vont dire du mal de nous ? ET ALORS ???!!!??? Vous ne comptez tout de même pas sur l’avis des DURAND et/ou des DUPONT pour savoir ce que vous valez, tout de même ??? Ce ne sont tout de même pas des gens qui ne sont pas capables d’entendre un « non merci, une autre fois peut-être… » qui vont diriger votre vie ? Rassurez-moi…

Bref : faire simple.

Oui, je sais…ce n’est pas simple de faire simple…c’est même parfois compliqué de faire simple… Et si on essayait, malgré tout ? Juste histoire de voir si ça ne nous mène pas à être moins stressés, à moins nous mettre dans un « sale état » dès le matin dans notre quête de la chaussette qui manque… Juste histoire de consommer un peu moins de psychotropes… Juste histoire de ne pas passer « 25 ans en analyse » comme l’écrivait un type l’autre jour sur Internet…

Arborescences…arbor (arbre) et sens (signification/direction)… ; petite marche du matin à travers les arbres…pour continuer à se mettre, à ce moment-là et ensuite, en quête du sens… Le sens qui sera, sera celui qu’on construira… Il n’en est pas d’autre.

(« La vie n’a pas de sens, a priori. Avant que vous ne viviez, la vie, elle, n’est rien, mais c’est à vous de lui donner un sens, et la valeur n’est pas autre chose que ce sens que vous choisissez. » Sartre, L’existentialisme est un humanisme.Folio. p.74)

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