Communication (4) : « Les (grands) Maîtres de la communication» /2-Afficher la confiance en soi…

12 janvier 2018

2

Afficher la confiance en soi…

« Si je manifeste le moindre doute, je suis mort »

Emmanuel Macron, Président de la République Française (se confiant au romancier Philippe Besson. L’Obs. 6 septembre 2017)

Auriez-vous confiance en un médecin qui paraît douter profondément d’être en train de vous proposer les médicaments adaptés à votre souci de santé ? Auriez-vous confiance en voiture avec un conducteur qui, lorsqu’il roule, passe plus de temps à regarder son levier de vitesse que la route pour vérifier qu’il appuie bien sur la pédale de frein et non l’accélérateur ? Auriez-vous confiance en un formateur qui vous dit qu’il va « essayer » de dispenser sa formation et qu’il « espère » que cela vous apportera « peut-être » quelque chose ? Réponse à toutes ces questions : « la réponse est dans la question ! » Autrement dit : il est clair que nous ne sommes généralement pas disposés à faire confiance à quelqu’un qui semble ne pas avoir lui-même confiance en lui, qui doute manifestement d’être au niveau, qui doute d’être capable d’apporter ce qu’il est censé apporter.

Les grands maîtres de la communication ont, de toute évidence, fort bien compris cela : jamais on ne les prendra en flagrant délit d’absence de confiance en soi ! Est-ce à dire qu’ils ne doutent jamais d’eux-mêmes et de leurs capacités ? Pour le savoir, il faudrait être dans leur tête, ce qui est bien impossible. L’hypothèse la plus vraisemblable sur laquelle nous pouvons tabler est qu’ils « affichent » toujours la confiance en soi, même quand ils doutent d’eux-mêmes. Autrement dit, en toutes circonstances ils font tout leur possible pour « sauver les apparences ». Qu’est-ce que ce que cela signifie ?

Cela signifie qu’il peuvent bien avoir une boule au ventre ou les mains moites : à aucun moment ils ne laissent pour autant voir qu’ils sont stressés. Ils peuvent bien douter d’avoir été bons en disant telle ou telle chose, à aucun moment ils ne laisseront transparaître le fait qu’ils n’ont pas été, selon eux, les meilleurs qui soient. Et pourquoi cachent-ils leurs doutes ? Pour une raison simple : ils savent qu’en montrant qu’on doute de soi, on s’expose à voir les autres douter de nous. Ils savent que ce qu’ils affichent, volontairement ou involontairement, au sujet de ce qu’ils pensent d’eux-mêmes et de leur prestation est une « cause » qui va produire un « effet ». En semant une absence de confiance en soi, on s’expose aussitôt à récolter une moisson de doute et d’absence de confiance des autres à notre sujet. Voilà, très clairement, pourquoi ils préfèrent « passer au bluff », l’air de rien, au lieu de laisser transpirer le moindre doute en leurs capacités.

Afficher une absence de confiance en soi, c’est comme commencer à tirer soi-même sur un fil de notre vêtement et voir les autres tirer à leur tour sur ce même fil. Résultat des courses : en tirant sur ce fil, c’est bientôt notre vêtement tout entier qui se détricote ! Voilà assurément le meilleur moyen de se retrouver, sans tarder, tout nu et empli de honte !

Au lieu d’entrer dans un tel processus négatif, dans une telle spirale descendante, mieux vaut enclencher le mouvement inverse : afficher une confiance en soi et « faire comme si » elle était là, même quand ce n’est pas le cas, car cela va faire que notre public aura confiance en nous et en ce que nous lui racontons. Or, que se passera-t-il une fois que nous aurons senti que l’auditoire a manifestement confiance en nous ? C’est simple : notre confiance en nous va trouver là de quoi se renforcer.

Résumons cela. La confiance en moi que j’affiche attire la confiance que les autres auront en moi et cela accroît le degré de confiance en soi dont je disposais au départ. Inversement, l’absence de confiance en moi que je fais l’erreur de laisser transparaître entraîne dans son sillage une absence de confiance des autres en moi, ce qui ne peut qu’entamer et amoindrir le degré de confiance en soi initial qui me caractérisait. Reste ensuite à choisir : cercle vicieux ? Ou…cercle vertueux ?

Les maîtres de la communication ne laissent aucune place au doute : ils ne savent que trop bien ce qui risquerait de se passer s’ils laissaient cet ennemi s’infiltrer dans le château-fort de leur identité. Ils savent très bien qu’ils seraient alors à l’origine de leur propre malheur en incitant d’autres à détricoter ce sur quoi repose leur réputation.

[Vous avez apprécié de lire cet article ? Vous y avez pris du plaisir ? Pourquoi ne pas partager avec d’autres ce plaisir en faisant connaître cet article à d’autres personnes que vous connaissez ? Ce n’est qu’une suggestion…à vous de voir…Et…pourquoi ne pas vous abonner à ce blog pour recevoir d’autres articles que ne recevront (en bonus!)…que ceux qui sont abonnés (ainsi qu’une Newsletter qui se prépare actuellement…) ?]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s