Communication (3) : « Les (grands) Maîtres de la communication» /1-Raconter des histoires…

7 janvier 2018

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Raconter des histoires…

Tous le font. Tous les grands maîtres de la communication passent par là : ils prennent le temps de « raconter une histoire » à leur auditoire. C’est le cas de Jim Rohn qui raconte ses déboires financiers de début de carrière : lorsqu’il n’avait pas même deux dollars en poche et que, pris de honte en réalisant qu’il ne pouvait même pas acheter une simple boite de cookies à une jeune fille scout venant de frapper à sa porte, il se jura bien de tout mettre en œuvre pour ne plus jamais avoir à se retrouver en pareille situation. Notons que Jim Rohn, auteur de cette histoire qui est la sienne, aurait pu se contenter de dire que « la honte est un formidable levier de motivation », mais, au lieu de cela, il choisit de prendre le temps de raconter son histoire. Prendre le temps de faire quelque chose, c’est parfois investir de façon durable. Comme un enfant, l’auditoire l’écoute alors, quasiment la bouche ouverte, et, dans la salle, on entend presque les mouches voler tant l’attention est à son comble chez ceux qui sont venus suivre le séminaire.

Ken Robinson, également, dans son style humoristique inimitable et pince-sans-rire, prend le temps de raconter tel élément ou tel autre de sa propre histoire familiale, ou encore l’histoire de cette jeune fille ne tenant pas en place, que bon nombre auraient mise sous Ritaline sans plus de réflexion et qui s’avéra être, derrière cet incessant besoin de mouvement pour s’exprimer, une immense danseuse. Quant à Anthony Robbins, lui aussi prend le temps de raconter sa propre histoire pour indiquer comment il est passé de « jeune homme déprimé » et sans le sou à « coach mondialement reconnu ».

Les histoires que racontent Jim Rohn, Anthony Robbins, Ken Robinson et quantité d’autres conférenciers passionnant les foules sont destinées, très souvent, à « inspirer » : inspirer l’envie d’en faire autant, inspirer l’envie de faire passer sa vie à un niveau supérieur. En faisant la même chose, il m’arrivera la même chose : telle est l’idée que distillent dans les esprits toutes ces petites histoires. Comme dans une fable, il y a toujours une leçon, toujours une morale à tirer de la petite histoire qui vient d’être contée. Pourquoi ces petites histoires ? Pourquoi intégrer dans un propos de telles petites histoires ?

Les petites histoires sont « inspirantes », comme nous venons de le dire, mais elles cachent autre chose… Elles cachent d’autres pouvoirs. Avez-vous déjà remarqué ce qui se passe quand quelqu’un, au détour d’un échange, vous lâche soudain : « Tu ne vas pas me croire,…sais tu ce qui m’est arrivé l’autre jour après notre entrevue ? » Cette question annonce à l’évidence une petite histoire qui va être racontée. Or, que se passe-t-il, les trois quarts du temps, quand quelqu’un nous annonce implicitement qu’il va nous raconter une petite histoire ? Réponse : nous sommes tout ouïe et notre imagination, déjà sur le qui-vive, se met en branle. Nous retombons en enfance : nous sommes soudain comme ces petits gamins à qui on vient d’annoncer qu’ils vont entendre « l’histoire de la merveilleuse princesse qui… ». Cette invitation à entrer dans l’imaginaire, dans la fabrication d’images intérieures à laquelle nous allons nous adonner tout au long de l’histoire contée a une caractéristique singulière : elle est irrésistible.

Les petites histoires, irrésistibles car bien souvent croustillantes, ont ainsi la vertu de capter notre attention. Elles nous content ce qui est arrivé à quelqu’un d’autre et, très souvent, sans y prendre garde, nous voilà qui glissons imperceptiblement dans un mécanisme récurrent : nous nous laissons aller à nous mettre à la place de celui/celle à qui il est arrivé telle ou telle chose. Nous tentons de voir quelles similitudes il peut y avoir entre nous et le héro/l’héroïne, et lorsque ce dernier/ cette dernière passe de l’obscurité à la lumière, des difficultés insurmontables à la réussite grandiose, nous nous disons qu’après tout les similitudes pourraient bien perdurer : si le héro de l’histoire a réussi à s’en sortir, n’est-ce pas qu’il nous est possible, à nous aussi, de sortir de telle ou telle impasse dans laquelle nous nous étions engagé, de tel ou tel pétrin dans lequel nous demeurions jusqu’alors englué ?

Le héro, qui peut bien être l’auteur même de l’histoire, est « différent » de nous, mais aussi, à bien y regarder, « identique » en certains points. La petite histoire nous invite ainsi à entrer dans une dialectique de la différence et de l’identité, de l’autre et du même, où il nous est donné à penser que bien que différent du héro, certaines caractéristiques qui nous sont communes pourraient bien s’avérer être ce qui peut nous aider à devenir un héro à notre tour.

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