Santé (2) : « Je ne SUIS PAS ma maladie ; vous avez compris !?! »

11 décembre 2017

Un petit coup de gueule…juste, histoire, comme on dit, de bien faire circuler le sang !!!

Petit retour en arrière…

L’autre jour, je contacte un collègue par téléphone pour un souci d’ordinateur. Il me renseigne, puis, pour la énième fois passe à ce qui importe à ses yeux :

-« Alors, Philippe…ça va ? »

Non seulement je le vois venir, « avec ses gros sabots » comme on dit dans le coin, mais je devance l’appel :

– « [Dans le genre « idiot du village » qui n’a rien vu venir] Ouais, ça se passe super bien ! Et toi ? » (question destinée à tenter de passer en douce à autre chose que ce vers quoi il souhaite, une fois de plus aller,…)

– « Ouais, moi ça va. Et toi [il insiste!!! Nom de Zeus !] : c’est sans doute mieux de travailler à temps partiel ? [référence à mon temps partiel, en lien avec un…petit pépin de santé qui, en principe, appartient au passé »]

– « [Jouant toujours un peu l’idiot du village, et y prenant goût…] Ouais, c’est super un temps partiel, ça permet de faire plein de choses [notamment des articles de blog] et j’ai plein de projets dans la tête !!! 🙂 »

– « [Lui, dans la série « je la joue lourdingue – Saison 1 »] Et…tu as toujours un traitement, j’imagine… »

– « [Moi : ] Ouais ! Deux cachoux le matin et deux le soir ! Ce qui fait quatre bonbons par jour ! »

Le collègue a souri (cela s’entend au téléphone), très certainement pris de compassion et de sollicitude à mon égard…

Bref, je me suis mordu les lèvres pour ne pas lui crier : « Je ne SUIS PAS ma crise cardiaque !!! T’as pigé, mon gars !… Je répète : Je NE SUIS PAS cette p…de crise cardiaque qui m’est tombée dessus !!! »

En résumé, et une fois pour toutes (enfin j’espère…) :

-Oui, j’ai fait une crise cardiaque il y a 4 ans

-Oui, je n’avais que 44 ans. Et alors ??? Je ne suis pas aussi bon que notre Michel ONFRAY national qui a réussi à s’en faire une à 28 ans, et alors ??? Je n’ai jamais été « précoce »…

-NON, je ne fumais pas,

-NON, je ne bois pas une goutte d’alcool,

-OUI, je faisais du sport : 1h de course à pied par jour ! Ça va ?…c’est bon ?…je peux partir ?

-NON, je ne mangeais pas de charcuterie, je vous le jure Monsieur le Policier !

-…

-Et : NON, pas même les divers cardiologues croisés n’ont réussi à me dire autre chose que : « c’est la faute à pas de chance, Monsieur ! » (ce qui m’a beaucoup fait avancer en compréhension, j’avoue…).

Il y a même un cardiologue qui m’a regardé dans les yeux et m’a dit :

– « Vous savez, Monsieur Géléoc, je ne peux pas vous dire combien d’années vous vivrez » (sic)

J’ai failli lui renvoyer la politesse, mais je me suis abstenu car, quant à moi, je n’ai pas de boule de cristal – vraisemblablement fournie en fin de parcours à chaque étudiant ayant fait médecine –, qui me permette d’énoncer des vérités d’un tel niveau scientifique…

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Je ne vous raconte pas tout cela pour faire pleurer dans les chaumières (« Ouh la, la…, chéri, t’as vu ça…le pauvre Monsieur Géléoc…il a eu plein de malheurs…Si c’est pas malheureux ! ») Et je ne vous raconte pas ça, non plus, pour que la cohorte des obsédés de l’état de santé du Président Géléoc grandisse en nombre et me poursuive dans les rues et les couloirs pour me demander :

– « Alors, Monsieur Géléoc…comment ça va « maintenant » ?… » [J’adore ce « maintenant » de connivence qui dit « vous savez de quoi je parle »…]

Bref, dans toutes ces façons de s’adresser à moi (pas tout le monde heureusement sinon il y a belle lurette que je ne sortirais plus de chez moi) il y a un sous-entendu patent : « TU ES ET RESTERA « AD VITAM ETERNAM » TA MALADIE et nous devons, forcément te parler de cela puisque…ton être tout entier se résume dès à présent à ta maladie ! »

A quoi je réponds : « arrêtons les c… ! Je ne me réduis pas à une maladie coronarienne ! Vous cherchez à m’énerver pour qu’un caillot de sang me monte à la tête et que je varie les plaisirs en faisant un AVC cette fois ???!!!???»

Bien…redevenons un tout petit peu sérieux, dès à présent, évitons l’infarctus des gens en proie au stress et venons-en à l’essentiel de ce que je veux vous dire ici…

Mon message.

Voici ce que je veux faire entendre à quelques-unes et quelques-uns (notamment à ce collègue que j’adore, par ailleurs, en raison de son immense gentillesse…) :

-NON, je « ne suis pas » ma crise cardiaque. Donc : arrêtez de me regarder d’un air triste et de me poser des questions… « à mourir » !

-NON, cette dame que je connais « ne se réduit pas » au viol dont elle a été victime il y a plusieurs années de cela et je ne passe pas mon temps à lui demander à chaque fois que je la croise : « et alors ? sinon…ça va ? » Nous parlons de tout sauf de cela car cette personne n’est pas ce viol !

-NON, cette amie qui a un cancer « n’est pas » son cancer et nous parlons certes parfois de ses difficultés mais sans nous éterniser car il y a « autre chose » dont elle veut parler, « autre chose » qu’elle veut vivre, et notamment des « plaisirs » qu’elle veut avoir, comme tout le monde, comme le fait de manger quelque chose de bon, de rire d’une bonne blague, de se lancer dans une discussion à bâton rompu sur un sujet de réflexion d’ordre général afin de « s’élever » au-dessus des contingences et des maux de ce monde.

Bref : nous ne sommes pas nos maladies. Nul n’est sa maladie. Arrêtons donc, par pitié, de parler au malade de sa maladie en permanence. Rassurez-vous : il n’a pas besoin de nous pour y penser…

Voilà, ça c’est dit… Et j’aurais pu aussi dire que :

-celui qui a une maladie n’est pas uniquement « un malade »

-celle qui a commis un acte délictueux n’est pas uniquement « une délinquante » enfermée pour la vie dans « un » acte commis à « un » moment.

-celui qui a eu un accident et a dès à présent un fauteuil roulant pour se déplacer n’est pas uniquement » une « personne handicapée »

-etc.

Une de nos facettes n’est pas « toute » notre identité. Oui, j’ai une maladie mais…je ne suis pas « que » cette maladie. Je suis aussi père de famille, écrivain, joueur de pétanque, passionné de pêche à la ligne,… Pourquoi voudriez-vous absolument me réduire à ce « machin » qui m’est tombé dessus ? Ça vous sert à quoi ?

J’espère que cet article…sera votre « coup de cœur » ! (Hi,hi, hi…Ha, ha, ha…Ho, ho, ho… Trop bonne, celle-là…).

Oui, j’allais oublier, j’aime bien l’humour aussi. J’aime bien qu’on s’inquiète de ma « petite santé », j’y vois même un signe de bienveillance admirable, mais…je préfère de loin qu’on prenne aussi du temps à rire, à s’amuser un peu, la vie est si courte parfois (snif…). On ne vous avait peut-être pas prévenu que j’aime bien l’humour ? Désolé…Toutes mes excuses… C’est promis, je ne recommencerai pas (…avant la prochaine fois).

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