Management (3) : Petit chef indien découvre la « stratégie de la mouche »…

6 décembre 2017

Petit Chef Indien avait de la chance, également, parce que son entreprise « Sioux and Co » disposait d’une cantine dans laquelle petits et grands indiens se retrouvaient régulièrement pour manger. Tous les jours ou presque Petit Chef Indien s’y rendait. Et, tous les jours ou presque, il y retrouvait un collègue qu’il n’avait pas revu depuis un petit moment. « Tiens…salut ! Ça fait un moment que je ne t’ai pas vu ! » : tels avaient été les premiers mots avec ce collègue qui s’appelait : qui s’appelait… Petit Chef Indien se rendit compte qu’il n’avait même pas demandé son prénom au collègue. Il n’osait pas le demander maintenant…

Le collègue en question était quelqu’un d’assez ouvert : il parlait facilement de « tout ». Et d’ailleurs, il en vint, ce jour-là, à expliquer à Petit Chef Indien pourquoi il n’avait pas revu ce dernier depuis un petit bout de temps. Ce jour-là, Petit Chef Indien eut l’impression qu’il n’allait pas tarder à apprendre encore quelque chose d’important au sujet de ce qui se passe, parfois, dans le monde professionnel.

Une journée, sans bouger, dans le canapé…

Le collègue s’ouvrit donc à Petit Chef Indien de ce qui lui valait d’avoir été absent autant de jours. L’explication fut très concise :

-« J’ai été absent plusieurs jours pour une raison simple : j’ai fait un burn-out »…

L’explication était concise, simple mais, dans l’esprit de Petit Chef Indien, ce n’était pas si clair que cela. Il avait déjà entendu parler du « burn out », du fait qu’on se consume d’un seul coup intérieurement, mais il ne voyait pas bien, de façon concrète, ce que cela pouvait signifier. Il se dit que c’était le moment ou jamais de mieux comprendre ce phénomène : il demanda au collègue en quoi ça consistait, ce « burn-out », et qu’est-ce qui s’était passé concrètement.

Le collègue lui expliqua que ce n’était pas compliqué, et se mit tout simplement à décrire ce qui s’était passé.

« Un jour, j’étais au travail. Je me sentais en difficulté depuis un petit moment, notamment parce que rien n’avance au niveau de mes chefs. Et…ce jour-là, je ne sais pas ce qui s’est passé mais…je me suis arrêté de travailler, j’ai été pris d’une envie terrible de partir de là et…au milieu de tout…j’ai tout laissé en plan. Je suis rentré chez moi. J’ai juste laissé un message à un collègue sur un post-it, avant de partir du travail et…je suis donc rentré chez moi… »

Petit Chef Indien voulait en savoir davantage. Il voulait comprendre. Il fit simplement une grimace d’incompréhension, tout en levant les sourcils, et le collègue continua :

« Une fois arrivé chez moi, en ce milieu de matinée, je me suis assis sur le canapé et…je n’ai bougé de là que lorsque mes enfant sont rentrés de l’école : vers 17h ! Je me suis alors rendu compte que je venais de passer une journée dans le canapé : sans rien faire, sans m’être levé pour aller manger, sans avoir contacté qui que ce soit… ».

– « (Petit Chef Indien:) C’est fou, ça !!! »

Le burn-out de la mouche…

Ce jour-là et les jours suivants, à la cantine, Petit Chef Indien écouta le collègue et comprit peu à peu ce qui s’était passé. Ce collègue, en fait, trouvait que « ses chefs ne donnaient suite à aucune de ses demandes formulées oralement » et cela avait fini par lui peser. Il avait donc eu deux stratégies successives :

Stratégie 1 : je demande, puis redemande, puis…re-re-demande,…puis…

La stratégie n° 1 du collègue avait été celle de la mouche. La mouche se donne et se donne car elle veut apporter quelque chose aux autres, dans le monde de derrière la vitre : elle se cogne contre la vitre fermée, reprend son élan puis fonce à nouveau et « BAM ! » se reprend la vitre en pleine figure, mais se dit « ça va finir par le faire ! A force de reprendre de l’élan, je vais bien finir par y arriver !!!». Sauf que…comme pour ce collègue : le résultat demeure le même et rien ne bouge. On finit par perdre de l’énergie, perdre le moral, perdre toute envie…

Stratégie n°2 : je vais attendre qu’on vienne me livrer ma réponse à domicile…

La stratégie n° 2 du collègue avait été celle de la mouche qui finit par se désespérer et par se poser en attendant que quelqu’un lui ouvre la fenêtre. Et parfois, dans ces cas-là, on peut attendre « longtemps, « très longtemps » et même : parfois « toute une vie ! »

Une fois de retour au bureau, Petit Chef Indien ferma la porte pour ne pas être dérangé, sortit son petit carnet « PROJET : DEVENIR UN GRAND (ET BON) CHEF INDIEN ! » et écrivit ceci :

Ecole de la vie professionnelle/ Leçon n° 3 :

Si je veux devenir un « grand(et bon) chef indien », et que je n’arrive pas à obtenir ce que je demande auprès des « Grands Chefs Indiens qui habitent l’étage supérieur ».

Je n’utiliserai :

-ni la stratégie de la mouche qui continue à refaire et refaire la même chose de la même façon pour finir par ne jamais atteindre le résultat escompté (stratégie 1 = je fais et refais, puis refais encore mais ça ne donne rien en refaisant la même chose, en utilisant les mêmes moyens)

-ni la stratégie de la mouche qui se met dans une posture d’attente et espère « qu’un jour », il y aura bien « quelqu’un » qui… « fera quelque chose ». (stratégie 2 = j’attends et…j’en ai marre d’attendre!)

La stratégie 1 est active mais…ça ne sert à rien de continuer à être actif « de la même façon » quand on n’utilise manifestement pas les « bons moyens » pour atteindre sa cible.

La stratégie 2 consiste à engager une action qui consiste à…ne rien faire et attendre que quelqu’un daigne bouger et faire ce qu’il faudrait faire (d’après « ce qui est indiqué…dans notre tête » et…dont tout le monde se moque, ou que tout le monde ignore tout simplement).

Le soir venu, Petit Chef Indien rêva… Il voyait une mouche qui fonçait contre une vitre quantité de fois (stratégie 1), puis finissait par s’arrêter et se poser, désespérée, et se mettait à attendre que quelqu’un, de l’autre côté, bouge (stratégie2). Voyant que personne ne venait…la mouche sortait de cette pièce de la maison, passait dans une autre pièce où la fenêtre, cette fois était ouverte, puis…retrouvait la liberté !

Au petit matin, en se levant, Petit Chef Indien se regarda dans la glace de la salle de bain puis s’adressa à celui qui était en face : « Tu grandirais peut-être encore, aujourd’hui-même, si tu apprenais à d’autre et notamment à ton collègue « Charles Edouard De La Mouche » qu’au lieu de donner, donner et redonner (stratégie 1), et au lieu d’attendre et attendre de recevoir (stratégie 2) on peut « reprendre la responsabilité de la situation de façon créative » en donnant « autrement » de façon à « recevoir pour de bon » : par exemple en faisant une note écrite sur ce qu’on n’a répété jusque-là que de façon « orale » (« les paroles partent dans le vent …»), une note indiquant les enjeux, et les risques qu’il y a à ne pas donner suite à ce qui est demandé dans la note…(stratégie 3). C’est pas mal, ça, ; non ? Tu ne trouves pas, Petit Chef Indien ?» 😉

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