Amitié (1) : Être un(e) « vrai(e) » ami(e)…

3 décembre 2017

Un jour, je me rappelle : c’était dans une crêperie, il était aussi heureux que moi de ces retrouvailles et nous avions presque remis le monde à neuf au moment où nous sortîmes de là. Un autre jour, c’était en bord de mer, nous longions la côte en discutant, je lui avait sorti une blague et elle riait « de bon cœur » comme le font certains petits enfants. Un autre jour encore, il m’avait raccompagné jusqu’à chez moi et…nous avions « tellement de goût » à parler ensemble qu’à mon tour je l’avais raccompagné jusqu’à chez lui et…nous avions passé toute la nuit à nous raccompagner mutuellement ! Tous ces moments, et quantité d’autres encore, passés avec tel(le) ami(e) ou tel(le) autre affluent dans ma mémoire…

Je réalise à quel point j’ai plaisir à me rappeler ces moments-là.

Je me rappelle, aussi, certains moments, pas des plus faciles pour moi, où me trouvant en période de convalescence, j’eus l’immense chance de voir certains de ces amis passer me voir. Les sentant s’inquiéter à mon égard, les sentant attentifs au moindre de mes pas pour qu’il ne m’arrive rien de plus grave que ce qui m’était arrivé, je sentis à quel point je comptais pour eux, à quel point, tout autant, ils comptaient pour moi.

De drôles d’amis…

Je ne saurais pas bien dire comment certaines personnes devinrent mes amis. Je ne saurais pas bien dire comment l’amitié naît, se développe, fleurit en livrant ensuite au regard une des plus belles merveilles qui existe sur cette terre.

Pour comprendre ce qui nous fait apprécier, sans y prendre garde, les trains qui arrivent à l’heure, il suffit de commencer par songer aux trains qui nous marquent davantage : ceux qui arrivent en retard, ceux qui nous font rater un rendez-vous, ceux qui nous mènent à nous énerver. Par contraste, les trains qui arrivent à l’heure finissent par livrer leur définition : il s’agit de ceux qui, ne nous faisant pas rater nos rendez-vous nous permettent de demeurer sereins (définition peut-être simpliste mais…efficace, non?). Qu’en est-il, maintenant, des « amis » ? Difficile de les « définir »…

Quand je songe à quelques « connaissances » qui auraient pu devenir de vrais amis mais ne le sont point devenues, je pense à plusieurs personnes….

-Je me rappelle l’une de ces personnes qui s’était arrêtée pour s’acheter un pain au chocolat, qui à aucun moment n’avait cherché à savoir si j’aurais, moi aussi, souhaité en avoir un et ne m’avait pas proposé de m’en acheter un. Elle ne m’avait pas davantage proposé, ensuite, de le couper en deux pour que nous le partagions. Elle l’avait mangé, la conscience on ne peut plus tranquille, à mes côtés tandis que nous reprenions notre chemin…

-Je me rappelle d’une autre de ces personnes qui me prenait en photo, qui collait les photos de tous « ses » amis sur un mur, comme on épinglerait des papillons dans une collection, et qui un jour m’avait fait croire que tel autre copain que j’appréciais beaucoup était parti en voyage. Fort logiquement, je n’avais plus cherché à aller voir ce copain jusqu’au moment où, dans l’incompréhension la plus totale, je m’étais rendu compte…qu’il était toujours dans les parages et qu’à aucun moment il n’avait envisagé un voyage quel qu’il soit.

-Je me rappelle encore – last but not least1 – cette autre personne que j’avais beaucoup aidé et qui me fit l’impression de me planter un poignard dans le dos en ayant, selon toute vraisemblance par jalousie, gardé une information importante pour moi ayant trait à ma réussite dans un domaine ; ou cette autre encore qui me soutira de l’argent en me faisant croire que son ami(e) avait eu un accident, que l’argent prêté servirait à se rendre rapidement auprès de l’ami(e) en question et que ce même argent me serait restitué deux semaines plus tard. En réalité, c’est bien des mois plus tard que je finis par réussir à entrer en contact avec des membres de la famille de ce supposé « ami » pour récupérer une somme dont j’avais pourtant souligné qu’elle était ce sans quoi je ne pourrais pas vivre correctement si elle ne m’était restituée rapidement…

Je réalise à quel point je déteste me rappeler ces moments. Faisons-nous, toutefois à l’idée : c’est « pour les besoins de la cause » et à seule fin de déterminer ce que nous apportent, au contraire, les « vrais amis ».

A présent, certains éléments apparaissent clairement :

les amis sont ces merveilleuses personnes qui nous ont toujours plus ou moins en arrière-fond dans leur « paysage mental », qui pensent régulièrement à nous, pour lesquels notre présence apparaît comme une sorte de cadeau dont il faut prendre soin. Ils ont « le cœur sur la main » pour partager avec nous dès qu’ils le peuvent ce qu’ils ont, mais aussi ce qu’ils font, et ce qu’ils sont, ce qu’ils deviennent. Avec nous, ils « ont » des amis mais nous ne sommes pas pour autant « leur possession ». Ils préféreraient accepter de ne plus chercher à nous voir si cela était, dans une situation extrême, le seul moyen à leur disposition pour éviter de nous nuire, pour nous aider. Nous ne sommes pas des « papillons épinglés dans leur collection ». S’il arrive qu’ils nous utilisent en tant que moyens au service de leurs fins, ils le font en nous le signifiant clairement et en nous laissant entendre que nous ne nous réduisons pas à être un simple instrument. Ils ne nous font pas « des coups dans le dos ».

Comment être, à son tour, un vrai ami… pour nos vrais amis… (eh oui!)

L’esquisse de définition de ce que sont ceux que j’appelle mes « amis » me fait penser à deux choses : d’une part aux « amis » qui se révèlent ne pas être de « vrais » amis et qui peuvent nous faire douter de l’intérêt de l’amitié, nous mener à la méfiance systématique et généralisée ; d’autre part à ce que je peux faire, MOI2, une fois que je sais ainsi quelle est, dans les grandes lignes, la définition de « l’ami ».

Sur le premier pointcomment accepter encore de faire confiance à l’amitié quand un(e) ami(e), qui n’était manifestement pas un(e) ami(e) véritable nous a trompé(e) ? – , une citation me revient à l’esprit, une phrase qui disait à peu près ceci : les murs que nous plaçons autour de nous pour nous protéger sont les mêmes murs qui nous privent du soleil3.

Et il est vrai qu’à se priver définitivement de toute nouvelle aventure en matière d’amitié il me semble bien que nous faisons l’erreur de nous priver aussi d’une merveilleuse source non seulement de lumière mais de chaleur.

Sur le second pointcomment essayer d’être, moi aussi, un merveilleux ami ? – je me dis que nous pourrions presque nous dresser une « check-list » ou « liste de vérification » pour nous assurer que le véhicule emprunté, censé nous permettre de rejoindre une amitié durable et véritable est en bon état de marche et ne nous fera pas tomber en panne en cours de route. Les questions présentes dans cette check-list imaginaire sont – comme l’aura aussitôt noté mon lecteur/ma lectrice avisé(e) – tout droit issues de la définition que nous avons construite dans ce qui précède. Il pourrait s’agir des questions suivantes :

-Ai-je toujours plus ou moins en arrière-fond, dans mon « paysage mental » mes merveilleux amis ?

-Suis-je régulièrement en train de penser à eux ?

-Fais-je en sorte de savoir apprécier leur présence, à mes côtés et/où dans mes pensées, comme une sorte de cadeau dont il faut prendre soin ?

-Fais-je en sorte d’avoir « le cœur sur la main » pour partager avec eux, dès que je le peux, ce que j’ai, ce que je fais, ce que je suis et ce que je deviens ?

-Si « j’ai » de tels amis fais-je bien attention à ce qu’ils ne deviennent jamais « ma possession » ?

-Serais-je prêt à accepter de ne plus chercher à les voir si, dans une situation extrême, c’était là le seul moyen à disposition pour que j’évite de leur nuire, pour que je les aide ?

-Fais-je bien attention à ce que jamais mes merveilleux amis ne soient des « papillons épinglés dans ma collection » ?

-Quand j’en viens à les utiliser en tant que moyens au service de mes fins, le fais-je en leur signifiant clairement le sens de ce que je fais et en leur faisant bien comprendre que jamais ils ne se réduiront à n’être à mes yeux qu’un simple instrument ?

-Suis-je bien attentif à ne jamais leur faire « des coups dans le dos » ?

Avant de vous laisser partir en route vers de nouvelles amitiés, avec un véhicule en bon état de marche, je me disais qu’il est assez rigolo de penser à ceux qui…ont des « centaines d’amis » sur Facebook. Je me demandais, également, combien il resterait encore de ces « centaines d’amis » si on les passait au tamis de notre check-list. Oui, je sais, je sais…je suis casse-pied et véritablement agaçant, voire carrément vieux jeu… Je sais bien que je (me) pose trop de questions…

PS : Mon petit doigt, que je continue à consulter régulièrement tant son expertise est immense,…Mon petit doigt me disait que ces articles, dont celui que vous venez de lire, sont lus : au Liban, aux États-Unis, en Chine (et même en France;-) )… (Incroyable, non?) Mon petit doigt m’avouait que Google, qui serait – me dit-on – un ami de mon Blog (« Que le monde est petit ! N’est-ce pas ? ») l’aide beaucoup pour savoir tout cela. Il me demandait par ailleurs « comment fais-tu pour avoir autant d’amis sur toute la surface de la terre ?». Mon petit doigt semblait jaloux qu’on puisse avoir des amis avec lesquels on est lié « comme les cinq doigts de la main » (quand je vous disais que…c’est vraiment une question de (mon) petit doigt…). Je lui ai simplement répondu : « tu sais, cher petit doigt, avant de savoir si ces amis qui me lisent sont de véritables amis et seraient vraiment prêts à « lever au moins le petit doigt pour moi » (Oh ! Désolé…Excuses-moi), il vaut mieux que je passe la liste de ces amis supposés au crible de ma Check-list pour vérifier que tous sont des amis véritables »… (Petit clin d’œil amical à mes lectrices/lecteurs fort proches bien que lointains…ainsi qu’à un lecteur québécois de mon blog dont les commentaires pourraient bien m’inspirer prochainement un article sur le développement personnel à l’ère des réseaux sociaux ; qu’il en soit remercié ;…ou pendu haut et court par « ceux qu’on forcerait à lire mes articles », mais là ça doit tout de même représenter peu de personnes, il n’y a donc pas matière à s’inquiéter, encore moins à décréter l’état d’urgence;-) ).

1 Dernière personne que je cite mais d’autres encore pourraient faire partie de la liste, qui n’est pas close.

2L’avantage de ce « MOI », c’est que…chacun peut le reprendre pour soi en disant à son tour : « MOI ». Le « MOI » qui est ici celui de l’auteur du présent blog (Votre vénérable et dévoué serviteur que vous lisez en cet instant…), ce « MOI » peut être repris à son compte par toute lectrice, tout lecteur (du présent blog) qui le souhaite. Il suffit, pour vous, de dire ce petit mot de trois lettres : « MOI ». Nous y reviendrons, très certainement…

3Jim Rohn.

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