Management (2) : Petit chef indien apprend « comment » faire…

2 décembre 2017

Petit Chef Indien considérait qu’il avait de la chance de travailler dans cette entreprise « Sioux and Co ». Il était vraiment heureux de passer là huit heures par jour de sa vie. Il se disait qu’il vivait peut-être, finalement, dans « la meilleure des entreprises possible » (quand je vous dis qu’il était un peu candide…). « En même temps », comme dirait l’autre…, il commençait à réaliser que dans cette merveilleuse entreprise il y avait tout de même des « tâches d’ombre ». En se disant cela, il pensait à son collègue Pierre Petit-Sioux dont le chef s’appropriait le travail de façon condamnable. Petit Chef Indien, lui, avait de la chance : il était tombé à un étage de l’entreprise – nous parlons d’entreprise au sens large car– l’histoire ne nous dit toujours pas de quel type d’organisation il s’agit : administration ? entreprise ? Association ?…on ne sait toujours pas, mais peut-être le saura-t-on par la suite… – il était tombé dans un secteur de l’entreprise où, globalement, il faisait bon vivre et travailler. Dans une telle ambiance, tout ne pouvait que bien se passer, pense mon lecteur/ ma lectrice (« Oui… : VOUS ! En cet instant !»). Et force est de dire que « tout se passa » bien, chaque jour, même si…la naïveté et les maladresses de Petit Chef Indien étaient grandes. Il est vrai que Petit Chef Indien débutait dans le métier. Il allait falloir apprendre. L’occasion lui en fut donnée assez rapidement. Grand Chef Indien (c’est…le Grand Chef de…Petit Chef Indien – Note de l’auteur, pour qui n’aurait pas suivi le premier épisode) convoqua son collaborateur.

– « (Grand Chef:) Petit Chef, il faudrait qu’on cale une réunion inter-chefs. Peux-tu t’en charger ? »

Petit Chef Indien fut surpris. Il s’attendait à ce que son Chef lui dise « fais ceci », « fais cela » ; mais Grand Chef Indien ne parlait pas comme cela : il ne disait pas « fais ceci» mais demandait « peux-tu faire… ». Cela revenait d’une certaine façon au même : dans les deux cas il paraissait difficile de dire « non » d’entrée de jeu. « On ne doit jamais dire non au chef » pensait Petit Chef Indien, décidément fort naïf… Pour l’heure, en tous cas, la demande formulée par Grand Chef Indien le faisait s’interroger intérieurement : pourquoi le Grand Chef « demandait-il », au lieu, tout simplement d’ « ordonner » ? Petit Chef Indien préférait largement, pour sa part, qu’on lui demanda de cette façon-là « s’il pouvait se charger » de la réunion. Il réalisa qu’il se sentait ainsi respecté, motivé, sans bien comprendre pourquoi. Il se dit qu’il creuserait ce point pour comprendre pourquoi cette façon qu’avait Grand Chef Indien de demander qu’on fasse quelque chose mettait son interlocuteur dans des dispositions positives… En attendant, il fallait répondre au Grand Chef !

– « (Petit Chef:) Oui, bien sûr ! Ce serait avec qui ?

– « (Grand Chef:) Ce serait avec toi, moi, et…Madame Grande-Apache, Monsieur Petit-Cheyenne et Mademoiselle Comanche »

– « (Petit Chef:) OK ! J’y cours…»

Petit Chef Indien avait dit « OK » mais, à peine sorti du bureau de son Grand Chef, il sentit une chaleur lui montait au visage. « Comment vais-je faire pour caler une réunion avec cinq personnes ?» Tandis qu’il faisait un passage par les toilettes, il en profita pour se regarder dans le miroir et vérifier que cette chaleur au visage ne le rendait pas « peau rouge » au-delà du raisonnable…

Une semaine plus tard…

Petit Chef Indien « voulait bien faire » : pour caler la réunion, il avait téléphoné à Madame Grande-Apache. Celle-ci lui avait dit « je suis disponible le 7 janvier ». Il avait ensuite contacté Monsieur Petit-Cheyenne qui lui avait dit « je suis disponible le 7 janvier », mais quand il avait contacté Mademoiselle Comanche, celle-ci lui avait répondu « je ne suis pas disponible le 7 janvier, mais…je suis disponible le 9 ». Petit Chef Indien ne s’était pas découragé. Il « voulait bien faire » !

Petit Chef Indien recontacta Madame Grande-Apache, lui expliqua que le 7 ce n’était finalement pas possible pour Mademoiselle Comanche et que celle-ci proposait le 9. Madame Grande-Apache répondit que c’était faisable le 9, pour elle. Petit Chef Indien était content : il ne lui restait plus qu’à recontacter Monsieur Petit-Cheyenne qui lui dirait aussi « OK », très certainement. Mais, à vrai dire, il n’était pas au bout de ses surprises : Monsieur Petit-Cheyenne lui indiqua…que ce ne serait pas possible pour lui le 9 car il y avait une formation « Comment manager sa tribu dans un monde complexe et empli d’incertitudes » et il avait prévu, de longue date, d’y assister…

Petit Chef Indien commença à se demander si la mission qui lui avait été confiée (« caler une réunion ») n’était pas… « mission impossible »… Tandis qu’il se posait 10 000 questions à ce sujet, il fut soudain pris par un coup de stress : Grand Chef Indien le demandait, et il allait très certainement lui passer un savon ! Il allait très certainement lui demander POURQUOI cette réunion n’était toujours pas calée… POURQUOI il mettait autant de temps… Bref : ça allait chauffer, encore plus, pour ses oreilles de Sioux !

La leçon de « Grand Chef Indien »…

Ce jour-là, Petit Chef Indien fut surpris. Il ne s’attendait pas du tout à cela… Son « Grand Chef Indien » lui annonça, tout sourire, qu’il y avait un petit changement et qu’il fallait intégrer aussi à la réunion Monsieur Iroquois. Petit Chef Indien sentit une goutte d’eau perler dans son dos : « déjà pour cinq, je n’y arrive pas, mais alors pour 6, c’est même pas la peine…Je suis mort ! » se dit-il.

Étrangement, Grand Chef Indien restait calme. Il regarda son collaborateur qui commençait à se décomposer… puis lui fit un petit sourire. Il sortit ensuite une feuille puis, sous les yeux de Petit Chef Indien, fit un tableau au crayon : à gauche il nota ligne après ligne les noms des 6 personnes prévues à la réunion. Puis, en haut, il nota plusieurs dates auxquelles lui, Grand Chef Indien, était disponible (étrangement il n’y avait ni le 7, ni le 9 janvier, mais passons…car Petit Chef Indien est assez écarlate à cette heure-là…). Ensuite il dit ceci à Petit Chef Indien :

– « Je te laisse voir si tu es disponible à ces dates et si les autres le sont également ? »

Ce jour-là, en « une heure maximum » Petit Chef Indien armé de ce « tableau magique » cala la réunion qu’il essayait de mettre en place « depuis…une semaine » !

Le soir venu, petit chef indien ferma la porte pour ne pas être dérangé, sortit son petit carnet « PROJET : DEVENIR UN GRAND (ET BON) CHEF INDIEN ! » et écrivit ceci :

Ecole de la vie professionnelle/ Leçon n° 2 :

Si je veux devenir un « grand(et bon) chef indien », et que je n’arrive pas à obtenir ce que je demande au sein de la tribu dont j’ai la responsabilité, je ne dois pas chercher « à qui la faute » et « qui est le coupable qu’il faudra pendre haut et court ».

Au lieu de cela, et au lieu de crier sur le collaborateur qui « ne sait pas faire » (mais « voudrait bien »!), en lui demandant « POURQUOI » il n’arrive pas à faire ce que je lui demande, je lui montrerai, sans le vexer, « COMMENT » je m’y prends, moi qui ai appris à faire (grâce à d’autres…).

-Ainsi il apprendra.

-Ainsi il demeurera motivé.

-Ainsi nous monterons tous en compétence : lui, en apprenant, dans « le calme propice à l’étude », COMMENT on peut s’améliorer. Moi, en apprenant à me maîtriser, à ne pas « perdre mes nerfs » car : pour maîtriser son environnement, il faut commencer par savoir se maîtriser soi-même.

Ce soir-là, en rentrant chez lui, Petit Chef Indien se parla intérieurement : « On dirait que tu as encore grandi, aujourd’hui, non ? Tu ne trouves pas ?» 😉

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