Communication (1) : « ce que nous disons du monde… »

20 novembre 2017

Cela commence dès le matin : il faut « communiquer » avec ses enfants en laissant un petit « post-it » pour les inviter à ne pas laisser « un chantier » sur la table de la cuisine comme c’était le cas la veille (;- ) ça parle à certains?), ensuite « ça communique » à la radio avec cet animateur qui s’amuse à amuser la galerie tandis que nous nous rendons au travail en voiture. Un peu plus tard, il faudra « communiquer » avec les collègues, ou « les collaborateurs » lors de la « réunion d’équipe ». Bref, nous communiquons quasiment en permanence avec d’autres tout au long de la journée, d’une façon ou d’une autre, et selon une modalité ou une autre : en tant que « père » ou « mère », en tant que « mari » ou « femme (épouse)», en tant que « collègue » ou « chef(fe) »,…

Par ailleurs, nous passons un nombre d’heures, assez extraordinaire, à envoyer ici un « texto », là un « mail »,…

C’est une évidence : nous vivons à une époque où la communication a atteint une ampleur inégalée. Du « besoin » naturel de communiquer, à la « nécessité » de communiquer pour « exister » (en tant qu’entreprise par exemple) : la communication est partout, à tous les étages !

Au niveau de l’une de mes activités, qui est de « faire passer des oraux », je trouve là-encore une forme de communication : celle de l’étudiant, ou du professionnel en formation, qui doit « présenter son parcours » et donc, sans toujours s’en rendre compte, « SE présenter ».

C’est à force de faire passer des oraux – plusieurs centaines depuis une quinzaine d’années – qu’une « formule » a fini par surgir dans ma tête ; une formule qu’il serait bon d’avoir en tête pour ne pas « gâcher » certaines de nos « communications quotidiennes », avec les enfants, avec son compagnon/sa compagne, avec les collègues, avec l’agent d’entretien qu’on croise dans les couloirs, avec le boulanger, la boulangère, etc. Cette « formule », je vous la livre…

Une formule à retenir…

« Ce que je dis du monde…vient dire des choses sur moi en retour ». Je me permets de répéter cette « formule » : « CE QUE JE DIS DU MONDE VIENT DIRE DES CHOSES SUR MOI EN RETOUR ».

Peut-être est-ce une évidence pour vous ? Je doute, toutefois, qu’il s’agisse d’une évidence « pour tout le monde ». Un exemple ?

Voici ce que j’ai entendu un jour à l’oral. C’est une étudiante qui parlait face à moi, pour « se présenter » et pour « évoquer son parcours ». Au beau milieu de son propos, j’entendis ceci : « Ouais, je ne suis pas resté dans cette entreprise, il n’y avait que des cons. Ils ne comprenaient rien… » (non, je n’invente pas, et oui, c’est bien ce que j’ai entendu…).

Petite question n°1 : ce propos est-il un propos qui m’apprend des choses sur les gens avec lesquels cette étudiante a travaillé (qu’est-ce que j’en sais, moi, si ce sont vraiment des « C… » ces gens-là ? Et comment pourrais-je le savoir?) ? Ou bien, ce propos est-il un propos qui m’apprend des choses sur ce que « cette étudiante » a dans la tête, et ce qu’elle pense, peut-être « en général », des gens avec lesquels elle travaille ? Et…autre petite question subsidiaire : aurais-je envie de travailler, demain, avec une personne qui pense que « les gens » (et donc…notamment…MOI!) sont des « C… » qui n’ont pas son intelligence ?

Voici maintenant ce que j’ai entendu dans la bouche d’un « responsable » avec lequel je travaillais il y a quelques années : « Je suis allé voir les gens qui bossent dans les services : et…c’est vraiment une équipe de bras cassés ! » (Waouh ! Une « équipe de bras cassés » !?! Rien que ça, me suis-je dit en écoutant ce « responsable »…)

Petite question n°2 : qu’ai-je appris en écoutant ce type ? Qu’ai je appris par son « discours » ? Ai-je appris des choses « sur ses équipes » ? Ou bien ai-je appris des choses « sur ce type » ?

Bref, on l’aura compris : quand on dit quelque chose au sujet de quelqu’un, il est possible que cela livre des informations sur ce quelqu’un dont on parle, mais il est surtout plus que probable que cela livre des informations à celui/celle qui nous écoute sur « ce qu’on a soi-même dans la tête » ! Et ça, comme l’indiquent les deux exemples que je viens de prendre : tout le monde ne l’a pas en tête !

La meilleure preuve… Ne vous arrive-t-il pas, parfois, d’écouter quelqu’un vous raconter quelque chose qui n’a qu’un rapport lointain avec « lui », puis de partir dans vos propres pensées intérieures en vous disant : « Ouah ! Cette nana a fait autant de voyages déjà à son âge ! Si ça c’est pas de l’autonomie !!! », ou encore « Eh ben…si c’est comme ça que ce type parle de sa femme, c’est un sacré imbécile ! On devrait remettre une médaille à sa femme !!! Avoir vécu ou plutôt survécu avec un gars comme ça pendant autant d’années, ça mérite la légion d’honneur »,…

Lorsqu’on entend quelqu’un parler « du monde », et non de lui, il reste que « ça parle » : et ça parle, parfois très fort, « sur lui », « à son sujet », « ça parle de LUI ! (et moins « du monde » en tant que tel).

Encore une fois, c’est une évidence mais, hélas, une évidence perdue de vue par bon nombre. D’où ma « question du jour » : avant de dire ce que vous avez à dire (à vos enfants, à votre compagne/compagnon, à vos collègues, à vos amis,…), avez-vous pris le temps de vous demander ce que cela va venir dire « sur vous » en retour ? Et…souhaitez-vous « vraiment » dire « de cette façon » ce que vous vous apprêtiez à dire ? Voulez-vous « vraiment » récolter ce que vous vous apprêtiez à semer ?

Pour ne pas « se prendre le boomerang »…

Je l’ai observé quantité de fois… Vous aussi peut-être ?

Certaines personnes « lancent » leur message comme on lance un « boomerang » mais en oubliant que ce machin qu’on nomme « boomerang » et qui part « de nous vers le lointain » est aussi, à un moment ou un autre qui ne saurait tarder, ce qui « revient du lointain vers nous »… En clair : ce que ces personnes ont lancé, elles finissent par « se le prendre en pleine tronche », pour parler en langage soutenu… 😉

« Dommage… », se dit-on, en les entendant, en lisant ce qu’elles ont écrit. On se dit que le discours qu’elles ont tenu ne les rend pas crédibles auprès de leurs enfants, ou bien ne donne pas une « bonne image » de la fonction de « responsable » qu’elles sont censées incarner. Ces « responsables » oublient qu’ils sont « porteurs de sens »1, que « les gens » écoutent souvent moins ce qu’ils disent que : ce que « ce qu’ils disent » vient dire sur eux en retour.

Petit test final (« juste pour vérifier QUI SUIT ce que je raconte »…comme disent les professeurs) :

-Préférez-vous travailler avec un(e) « responsable » qui vous dit :

1-« Attention, le télétravail va être possible dès à présent mais…avec le télétravail on est doublement surveillé » (tapez « 1 »)

2-ou bien : « C’est un sacré travail qui a été réalisé cette année et je pense que le télétravail va offrir encore des façons innovantes d’avancer au sein de notre organisation » (tapez « 2 »)

-Préférez-vous vivre avec quelqu’un qui vous dit :

1- « La maison est toujours crade quand je rentre et le repas n’est même pas prêt ! C’est quand même dingue, une maison pareille ! » (tapez « 1 »)

2- « Pour que la maison soit propre, il y a un petit tableau qui indique maintenant à tour de rôle QUI doit faire QUOI. Avec ça, je pense que notre environnement quotidien va devenir encore plus agréable ! » (tapez « 2 »)

Si, dans les deux cas, vous avez tapé « 2 » peut-être serez-vous convaincu de l’intérêt de garder en tête la petite formule ici évoquée.

Si vous avez tapé « 1 »…

Si vous avez tapé « 1 », comment dire…

Si vous avez tapé « 1 », je peux simplement vous dire qu’en ce qui me concerne, et si ça ne vous dérange pas, j’aime autant…ne pas travailler avec vous, et plus largement m’épargner une vie commune avec vous… Vous ne le prenez pas mal, hein ? 😉 Mais bon…la vie est tellement courte…et si, en plus, on a le choix de déterminer avec qui on a envie de travailler, et avec qui on a envie de vivre, dans ce cas…

Dernière chose (puisqu’on me demande des précisions dans les coulisses…) : que vous ayez tapé « 1 », ou que vous ayez tapé « 2 », je n’ai, hélas, rien à vous offrir : ni caméra HBZx43A, ni smartphone « dernière génération (avant la prochaine…) ». Rien d’autre que cet article « gratuit » qui en tant qu’article « gratuit » n’a peut-être, sait-on jamais, « pas de prix » pour ceux qui décideraient d’intégrer la fameuse « formule » dans leur quotidien…

1Petit clin d’œil au joli titre de l’ouvrage de Vincent Lenhardt (1992), Les responsables porteurs de sens. Culture et pratique du coaching et du team-building. 3ème éd. 2010. Insep consulting Editions.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s