Se fixer des objectifs pour « réussir » et « être (plus) heureux » ?

19 novembre 2017

En me réveillant, ce matin, je repensais à quelques idées croisées à de nombreuses reprises dans mes lectures.

Tout d’abord, l’idée qu’il y a très peu de personnes qui se fixent des objectifs dans l’existence. Le pourcentage serait extrêmement faible : certains disent et/ou écrivent qu’il serait de 3 %.

Ensuite, une autre idée qu’on pourrait résumer comme suit : l’idée que « ceux qui réussissent mieux en général dans l’existence et ceux qui sont plus heureux sont ceux qui se fixent des objectifs ». Une étude aurait même été faite pour suivre pendant plusieurs années des jeunes qui, déjà pendant leurs études, se fixaient des objectifs. Quand on a fait un point avec eux quelques années plus tard, on se serait rendu compte qu’ils avaient mieux réussi que les autres petits camarades et qu’ils étaient, globalement, plus heureux que ces autres petits camarades qui, eux, ne se fixaient pas d’objectifs… Je parle « au conditionnel » car je ne suis pas allé vérifier qui a fait cette étude, si c’est une étude sérieuse. Mais, pour tout vous dire, je doute qu’une telle étude, si elle existe, nous apporte plus que ce que nous pouvons simplement imaginer en y réfléchissant deux secondes, comme j’essaye de le faire ici et dans ce qui suit…

Enfin, une dernière idée qui découle des deux premières : l’idée que 97% d’entre nous seraient moins heureux qu’un petit groupe des 3 % dans lequel on trouve des gens qui, eux, se fixent des objectifs !

Une évidence, qui peut se passer d’ « études » et de chiffres…

Notre époque fourmille d’études, passablement idiotes pour bon nombre d’entre elles, et qui n’apportent que peu de choses par rapport à ce qu’on savait déjà en se référant à sa propre intuition… Ces « études » (très poussées…) nous apprennent – je caricature à peine – que « ceux qui ne font pas assez attention à leur santé finissent, plus que les autres, par tomber malade » (ça alors ! On n’y aurait jamais pensé!), ou que « les gens qui ne font pas attention au volant sont plus nombreux à avoir des accidents que ceux qui font attention » (ah bon ??? Sapristi ! Mille millions de mille sabords !…).

Si je vous dis cela, c’est qu’à mon avis l’idée qu’en se fixant des objectifs nous pouvons davantage réussir et être davantage heureux est un peu du même genre. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit totalement idiote, loin de là, et encore moins qu’il faille la mettre à la poubelle au vu de son peu d’intérêt. C’est la conviction que je voudrais partager ici avec vous…

Une évidence, tout d’abord…

Il est « évident » que si nous nous fixons des objectifs, nous allons davantage réussir dans nos divers projets (exemple de projet qui devrait parler à plusieurs d’entre nous : maigrir un peu pour continuer à pouvoir entrer dans ce fichu pantalon qui… « a de toute évidence rétréci au lavage », n’est-ce pas 😉 ).

Je me souviens encore d’un des objectifs que je m’étais fixé il y a quelques années alors que je faisais des études spécifiques en vue d’accéder à un emploi correct. Cet objectif était le suivant : une fois de retour chez moi, reprendre les notes prises en cours et les faire passer du stade de « simples gribouillis », incompréhensibles et parfois même illisibles lors d’une tentative de relecture, à des phrases compréhensibles par quiconque lors d’une relecture ultérieure. C’était parfois pénible de se forcer à faire cela après chaque cours car ça prenait des heures, mais au bout du compte le résultat fut là : cela me permis de décrocher plusieurs concours tandis que d’autres « petits camarades », certes plus diplômés que moi mais n’ayant pas mis en œuvre cette méthode échouaient après s’être arrachés les cheveux à essayer de relire et comprendre des notes de cours qui, avec le temps, avaient fini par ressembler à du hiéroglyphe… L’objectif que je m’étais fixé était simple : pouvoir me relire par la suite et comprendre encore plus tard les cours pris en note. Près de 20 années sont passées depuis, et je pourrais, 20 ans plus tard, comprendre encore ces cours qui sont à côté de moi : c’est dire quel lien il y a, de toute évidence, entre « fixation d’objectifs » et « efficacité », « résultats ». En se fixant des objectifs, il est évident, à mes yeux, qu’on met davantage de chances de son côté pour rejoindre les résultats concrets qu’on vise à produire (connaissances accrues, meilleure santé, aisance accrue en terme de communication orale face à un public, etc.)

Pour se convaincre de l’intérêt qu’il y a à « se fixer des objectifs », il suffit de songer à l’inverse. Il suffit de penser à ceux qui ne se fixent pas d’objectifs ou à ceux, cas fréquent, qui perdent de vue leurs objectifs en cours de route. Je connais une personne (je ne citerai pas de nom,… mais « j’ai les noms » comme disait Coluche;-) ) qui se caractérise, « pour l’instant », par cela dans ses actions. Je dis « pour l’instant » car je suis convaincu que nous pouvons tous nous améliorer (sinon je n’écrirais pas ici, je ne dispenserais pas de formation et je ne publierais pas de livres… Car « à quoi bon » livrer des conseils si on est convaincu du contraire : que les gens sont comme ils sont et que rien ne peut faire qu’ils changent ? Ne serait-ce pas absurde ?). Je connais une personne, dis-je, qui perd de vue ses objectifs en cours de route : si vous l’invitez chez vous, vous la verrez par exemple aller chercher le sel dans la cuisine puis revenir…sans le sel. Et c’est ainsi pour quantité de choses qu’elle fait…ou plutôt : qu’elle ne « fait pas », car elle a l’idée de les faire, se met en route mais, prise par d’autres préoccupations et/ou diverses sollicitations en cours de route, elle perd de vue ses objectifs initiaux et, bien entendu, ne les atteint pas !

J’ai connu, aussi, le contraire : un type, très efficace, qui avait la particularité à première vue désagréable, de ne pas s’arrêter quand vous vous adressiez à lui. Il avait un truc en tête –son objectif, de toute évidence ! – et une fois en route vers ce qu’il visait, il fallait le suivre pour pouvoir lui parler, car il ne s’arrêtait pas ! C’était terriblement désagréable, de mon point de vue, au niveau relationnel mais…terriblement efficace pour qu’il atteigne les objectifs qu’il s’était fixés dans la journée !

Deux types de personnes et deux types de journées…

Le gars dont je vous parle faisait partie des personnes qui « se fixent des objectifs » et ses journées n’étaient probablement pas tout à fait comme les miennes…

Moi je commençais ma journée de travail en me disant que j’avais « ceci » à faire, puis « cela ». Puis je recevais un coup de fil et je faisais autre chose que le « ceci » noté sur une feuille en début de journée ; puis j’allais à telle réunion et, en cours de route, je croisais tel collègue qui me topait au passage, je m’arrêtais et…je commençais à stresser en l’écoutant car je me disais que l’heure tournait et qu’à force d’écouter ce « cher collègue » qui « avait besoin de parler » je risquais d’arriver en retard à ma réunion…

J’étais jeune…

Le gars dont je vous parle était « moins jeune » mais « plus expérimenté » : il s’était transformé en une sorte de missile qui ne perd pas de vue la cible à abattre et poursuit avec détermination son cheminement vers cette cible.

Autre image possible : ce type était « sur les rails » et « bien sur les rails ». Il avait « une destination » et il s’acheminait vers cette « destination ». Moi,…petit débutant, un peu comme un « tue mouche » je choppais toutes les sollicitations diverses et variées qui passaient tout autour et je rentrais chez moi avec la tête qui tourne, assez peu satisfait, répétant régulièrement la même chose : « Incroyable ! J’avais envisagé de faire plein de choses et je n’ai rien fait de ce que je voulais faire !!! ».

Je faisais à l’époque partie de ceux qui ne se fixent pas d’objectifs de façon ferme et ne font pas le nécessaire pour atteindre la cible. S’en suivait ce qui ne peut que s’en suivre : je n’étais pas satisfait…

Pas d’objectifs fixés = pas de résultats conforme à ce qu’on veut = pas de satisfaction (snif…) : voilà à quoi se résumaient bon nombre de mes journées.

Cela ne veut pas dire, pour autant, que je ne faisais rien : j’avais fait quantité de choses et cela avait fait avancer quantité d’autres choses, mais je restais sur le sentiment d’un manque, je restais sur un sentiment de frustration auquel je ne comprenais pas tout…

De la vie dans les projets des autres à l’accès à sa propre vie et à ses propres projets…

Dernièrement, j’ai croisé une formule, déjà lue quelque part, et qui dit en gros la chose suivante : « si vous n’avez pas d’objectifs, rassurez-vous, d’autres en ont pour vous ! ».

J’aime bien cette formule. J’y vois l’idée que quand nous ne nous fixons pas des objectifs qui nous tiennent à cœur, d’autres se chargent de nous embarquer dans leurs projets. Ces autres « nous embarquent » parfois même à notre insu, sans que nous y prenions garde : et nous nous trouvons effectivement « embarqués » malgré nous dans des aventures qui nous apportent des choses mais…pas toujours de celles que nous aurions voulues si seulement nous nous étions demandé « quels sont mes projets, à moi ? Qu’est-ce qui m’intéresse vraiment et me fait vibrer ? Qu’ai-je envie de faire qui soit vraiment en phase avec mes aspirations  et qui m’apportera sinon LE bonheur, au moins une vraie satisfaction, peut-être même du véritable plaisir et une vraie joie ? »

Bref : pour avoir un minimum de joie dans l’existence, il me semble qu’il faut songer (aussi! Pas que mais « aussi » !) à ses propres projets et se fixer des objectifs « personnels ». Est-ce égoïste de faire cela ?

Oui, c’est « égoïste » : au sens, en tous cas, où c’est tourné vers son propre ego, vers son propre moi.

Mais peut-être préférez vous rejoindre le groupe de ceux que j’entends parfois dire : « j’aurais bien aimé prendre du temps pour moi mais il faut que je m’occupe de mes petits-enfants tous les mercredi… », « j’aurais bien essayé d’échapper à cette fichue réunion de famille où ça finit à chaque fois en disputes, mais je ne peux tout de même pas… », « vous comprenez, je suis un peu obligé(e) »,…

Effectivement, il est possible de se fondre dans le projet de « ses enfants et petits enfants », de se fondre dans le projet de « la famille », de se fondre dans le projet de « l’entreprise », de se fondre dans tous les projets des autres et de finir par voir sa propre vie à soi et ses propres aspirations fondre…comme neige au soleil.

C’est (encore) un choix : de ne pas choisir de faire en fonction de ses « propres choix », de sa « propre vie », de ses « propres objectifs à soi ». Mais est-ce le bon ?

 

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