Et si…on commençait par trouver le bon carburant ?

Et si…on commençait par trouver le bon carburant ?

18 novembre 2017

Avez-vous déjà rempli le réservoir de votre voiture sans vous demander au préalable « quel carburant » il fallait vraiment mettre ? Un collègue pompiste m’a dit que c’était déjà arrivé sous ses yeux : le client était fort probablement « un peu dans les nuages ». Il pensait très probablement à autre chose et…il avait mis du « gazoil » au lieu de mettre de l’essence ; à moins que ce ne soit l’inverse, je ne sais plus très bien… Toujours est-il, en tous cas, que le résultat était là : quand il s’en est rendu compte, juste avant d’aller payer la note à mon collègue pompiste, il a contacté son garagiste et il a fallu qu’il attende que ce dernier passe à la station pour vider le réservoir. Pourquoi je vous raconte cela ? Pour une raison simple : en regardant dans le rétroviseur des quelques années passées sur cette terre, je réalise que j’ai appris une chose qu’il n’est pas nul d’avoir en tête. Cette chose est simple, comme tant d’autres choses simples, mais il est également « simple » de passer à côté : « si vous n’avez pas le bon carburant, vous n’irez pas loin, et il est fort probable que vous finirez par tomber en panne ». C’est tellement évident, que vous êtes peut-être en train de vous dire « ben oui, Philippe, mais là…tu exagères, car, comme dirait ma grand-mère : il n’y a pas besoin d’avoir fait les grandes écoles pour savoir cela !!! ». Oui, mais si je vous dis que : c’est pareil dans la vie ? Et que, dans notre propre vie, si nous n’avons pas cherché le bon carburant, le carburant qui nous convient, soit nous n’allons pas avancer du tout, soit ça va finir par devenir compliqué et…nous risquons la panne. Ça vous parle ? Ceux qui ont fait un « bun out », ou sont en train de s’acheminer tout droit vers cela, voient probablement de quoi je parle…

Mais, puisque je me suis levé « de bon matin », c’est-à-dire relativement tôt, pour vous parler de ces histoires d’essence, de carburant, de pompiste, il faut que je vous raconte tout de même un peu ma propre histoire… ; non ?

De « marre d’en avoir marre »…

Rassurez-vous, je ne vais pas « vous raconter ma vie ». Juste ce qu’il faut pour vous indiquer que ce que je vous raconte n’est pas déconnecté du vécu…

Après quelques années d’études en philosophie, j’ai passé les concours de l’enseignement, puis repassé ces concours, puis « re-re-passé » ces concours, puis « RE-RE-RE passé encore » ces concours. J’ai raté deux ou trois fois les écrits à 0,5 points. Oui, un demi point, c’est bien cela (comme quoi… « le bonheur tient à peu de choses » : parfois même à un demi point…;-) ) et j’ai raté l’oral, une fois, à 3,5 points. Un beau jour, je me suis dit que je n’allais pas passer ces fichus concours « jusqu’à ma retraite » : cela tombait d’autant plus sous le sens que…avant d’espérer « toucher la retraite » encore faut-il avoir commencé à travaillé…et c’est bien ce qui, pour moi, faisait difficulté ! Arriver à accéder à un poste d’enseignant pour pouvoir « travailler »…

Voilà comment, ayant senti que mon carburant à moi c’était quelque chose comme l’enseignement, je n’ai certes pas réussi à atteindre « l’enseignement » mais, par contre, …le « carburant » de façon on ne peut plus concrète : après quatre années post-bac d’études de « philosophie », sans emploi, je suis devenu « pompiste » pour « gagner ma vie ». Ce que j’ai surtout gagné, c’est d’apprendre que la vie nous réserve bien des surprises dont celle, par exemple, de devoir passer « de l’essence des choses » à… « l’essence tout court »;-)

Ce ne fut pas une mauvaise période de ma vie, loin de là. J’y ai puisé l’occasion de développer et mobiliser diverses compétences : notamment celle qui consiste à savoir gérer son stress (y compris – histoire vraie, je précise – quand une cliente mesure manifestement mal la taille de sa voiture, cogne dans la cabine du pompiste, où vous êtes assis…et descelle la cabine tout entière de telle sorte que vous vous retrouvez propulsé en arrière:-) ).

Ce ne fut pas une mauvaise période, mais j’avoue avoir fini par en avoir marre de ce métier. Je sentais qu’il allait falloir que je trouve « un autre carburant » pour avancer dans la vie. Je ne pouvais tout de même pas continuer à lire les Propos sur le bonheur du philosophe Alain, aux moments de creux et entre deux clients sans songer à ce qui me rendrai moi-même plus heureux…

Puis un jour est venu où je suis passé du stade du « j’en ai marre » au stade du « j’en ai marre d’en avoir marre » et j’ai plaqué ce boulot de pompiste pour reprendre des études, passer des concours et décrocher un emploi qui me convienne davantage.

Il y a parfois de tels moments dans l’existence où on prend la décision de quitter tout pour passer à autre chose. Qu’on le nomme « marre d’en avoir marre », ou « plus jamais ça », ou d’une toute autre façon : c’est le moment où on sait que telle chose ne nous convient plus. Ça peut être un travail, ça peut être une relation, ou autre chose : on sait juste qu’il faut « couper », qu’il faut « passer à autre chose » et c’est comme un « cri du cœur », c’est quelque chose qui vient « du fond de nos tripes », on sait juste qu’il faut passer à quelque chose qui nous plaise davantage.

Oui, mais…passer à quoi ? Comment savoir à quoi on veut passer ? Comment savoir vers où aller ? C’est bien de poser une échelle mais…c’est mieux d’être certain qu’on l’a posée sur le bon mur. C’est bien de « mettre du carburant » mais…c’est mieux de « trouver le bon carburant » au préalable… Or, comment puis-je savoir quel est le bon carburant pour que je fonctionne à peu près correctement en cette vie et…que je ne tombe pas en panne ? Bonne question…

…à « envie d’avoir envie »1 !

Je ne sais pas ce qu’est votre carburant mais je sais quel est le mien. Je sais aussi que « mon » carburant est un carburant qui me fait avancer mais qui ne vous ferait peut-être pas avancer du tout. Enfin, je sais comment j’arrive à déterminer, pour moi, quel est le carburant qui me convient. Et je me dis que cette façon de trouver quel est le bon carburant pour moi est quelque chose que je peux partager avec vous. Cela vous intéresse ?

Je crois qu’il faut trouver ce qui fait qu’on a « envie d’avoir envie ». Envie de se lever tôt, comme moi ce matin pour m’adresser à vous, envie de refaire quelque chose qu’on a fait et qui nous a procuré un vrai plaisir, un plaisir allant parfois jusqu’au frisson qui parcourt tout le corps, un plaisir qui vous fait réaliser que vous souriez sans pouvoir vous empêcher de le faire. Ça vous est déjà arrivé ? J’imagine que oui ! J’espère en tous cas… Et c’est tout le mal que je vous souhaite!;-)

Le tout est de : repenser à de tels moments où de telles choses nous sont arrivées.

Pour ma part, quelque chose de ce genre m’est arrivé encore tout dernièrement. Je venais d’écouter ce collègue passé me voir pour récolter quelques conseils. Il s’apprêtait à aller passer un oral où on demande de « présenter son parcours ». Le collègue m’a dit ce qu’il avait préparé, et il m’a montré le brouillon écrit de ce futur « oral ». Il y avait des choses pas mal, il y en avait d’autres, à mon sens, qui pouvaient être améliorées. J’ai donc partagé avec lui ce que j’avais appris en faisant passer des centaines d’oraux à des centaines d’étudiants en formation initiale et à des professionnels en formation continue. Il m’a écouté, puis m’a semblé perturbé…

Comme souvent, j’ai bien senti ce qui se passait : ce collègue méditait intérieurement les conseils que je venais de lui donner et…déconstruisait ce qu’il avait commencé à construire avant que nous ayons cet échange ; il songeait déjà, intérieurement, à ce qu’il allait pouvoir construire de bien meilleur sur la base de mes conseils. Il était déjà pris dans ses pensées, déjà dévoré par l’envie d’aller préparer quelque chose de mieux en vue de ce futur oral…

Quelques temps plus tard, il est repassé me voir, comme interloqué : « c’est dingue… » m’a-t-il dit. Et il a ajouté qu’ « il voyait bien, maintenant » ce qu’il allait faire, ce qu’il allait raconter et qui serait bien plus adapté, bien plus facile à mettre en œuvre que ce qu’il avait initialement envisagé.

De mon côté, je sentais ce sourire qui, plus d’une fois, a irradié mon visage en observant ce moment de « transformation » chez l’autre : ce moment où celui qui vous a écouté commence à « déconstruire ses représentations » pour en construire d’autres, bien plus adaptées, qui lui permettront de réussir. Et cela me fait sourire, comme à chaque fois : c’est peut-être idiot pour quelqu’un qui ne ressent pas ce que je ressens, mais c’est « la vérité » pour moi, une vérité indiscutable, la vérité de « ce qui me fait vibrer ». Ce qui me fait vibrer, mon « carburant » à moi, c’est donc cela : partager avec l’autre ce que j’ai appris, apprendre à l’autre ce que j’ai appris et qui m’a vraiment apporté quelque chose pour que l’autre puisse, à son tour, apprendre cette chose-là et bénéficier, comme moi, de ce que cela apporte. Ça peut paraître bizarre, ça peut paraître débile ou tout ce qu’on veut mais…c’est comme ça : c’est « ce qui me fait vibrer » et ce qui fait que je me lève parfois tôt, comme ce matin, car j’ai « envie d’avoir envie », j’ai envie de retrouver, rejoindre ce qui me fait vibrer (lire, écrire, apprendre moi-même des choses pour les partager et apprendre ainsi cela à d’autres,…).

Et vous ? Vous arrive-t-il d’avoir envie de quelque chose mais surtout d’avoir, de façon récurrente, envie de retrouver cette envie qui vous fait vibrer ? Qu’est-ce ? De quoi s’agit-il ? Cela concerne-t-il une relation avec certaines personnes ? Cela concerne-t-il un environnement spécifique que vous aspirez à rejoindre car vous savez que « c’est là et pas ailleurs » que vous vous sentez bien, que vous avez l’impression de vous ressourcer ? Alors ? Je vous laisse trouver la réponse ou les réponses à ces interrogations ? Voici un signe : quand vous trouverez la bonne réponse, ou les bonnes réponses, vous ressentirez peut-être comme moi un certain sourire vous monter aux lèvres, peut-être même comme des petites bulles qui montent dans votre cerveau en toute liberté…

1Les paroles d’une chanson étant parfois, aussi, matière à inspiration complémentaire… cf. Les paroles d’une chanson bien connue : https://www.paroles.net/johnny-hallyday/paroles-l-envie

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