Développement personnel : accord autour d’une définition

Développement personnel : accord autour d’une définition

12 novembre 2017

Un développement  « personnel » : trop autocentré et donc narcissique ?

Ce n’est pas le développement « de la société », ce n’est pas le développement « d’une organisation », ce n’est pas le développement « économique », mais : le développement « personnel ». C’est donc centré sur « la personne » et on pourrait se dire, comme ne manquent pas de le faire certains de nos « intellectuels » que : c’est « autocentré », « narcissique », le signe d’un « repli sur soi ». Pour ma part, je pense que le développement personnel c’est (comme bien d’autres choses) : ce qu’on en fait. Ce sera autocentré, narcissique et critiquable si on n’y voit, et n’y projette que cela : un peu comme cette intellectuelle universitaire qui, sur « France culture », critiquait tel ouvrage de développement personnel en ajoutant (ce que je ne peux m’empêcher de trouver, tout de même, un peu consternant…) qu’elle ne s’était pas abaissée à lire cet ouvrage. Quand on critique un livre sans l’avoir lu…c’est, manifestement, qu’on a des intérêts cachés à défendre (peut-être avait-elle peur que ses collègues universitaires l’entendissent trahir une certaine charte élitiste tacite ? Qui sait…). Revenons à nos moutons, et au développement personnel par la même occasion : soit on trouvera que c’est autocentré, narcissique et toutes sortes d’autres horreurs nauséabondes, soit on sera convaincu que cela peut aussi participer d’une certaine volonté d’améliorer sa propre personne, sa propre vie et par ricochet ce qu’on apporte à ses proches, à ses collègues au niveau professionnel, et jusqu’à la société dans son ensemble. De fait : un individu qui acquiert davantage de compétences, de qualités et a fortiori de « valeur » ne fait-il pas en sorte que tout son entourage bénéficie de cette « valeur ajoutée » ? N’apporte-t-il pas une « plus-value » au sein de la société ? Dit plus simplement encore : améliorer sa propre personne n’est-ce pas aussi et en même temps améliorer, ce faisant, la société dont on fait partie ? Une société ne devient-elle pas meilleure lorsque chacun de ses membres s’efforce lui-même de devenir meilleur ?

Oserai-je avouer que quand j’entends certains « grands intellectuels » parler du développement personnel en se moquant, par une généralisation abusive, de l’ensemble des diverses conceptions qui y sont véhiculées, il me semble apprendre plus sur le besoin qu’ils auraient eux-mêmes d’aller à quelques stages et séminaires relevant dudit « développement personnel » (ne serait-ce que pour trouver la voie vers un peu plus d’humilité…) que sur le développement personnel lui-même.

Je l’ai souvent dit, et il m’est arrivé de l’écrire : ce qu’on dit du monde dit des choses sur soi. Ce qu’on dit du développement personnel vient ainsi dire des choses sur nous en retour, forcément. Le dédain à l’égard du « développement personnel » dans son ensemble m’apprend dès lors plus sur celui qui fait part d’un tel dédain que sur ce que vaudrait le « développement personnel » en lui-même. Dans certains cas, cela m’apprend que certaines personnes dédaigneuses et hautaines sont manifestement à ce point convaincues d’être parfaites qu’elles ne peuvent que rejeter ce qui leur permettrait de s’améliorer : à quoi bon, il est vrai, songer à s’améliorer, à se développer personnellement quand on se sent « au-dessus » de ces supposées fadaises du développement personnel et qu’on se sent quasi parfait, bien au-dessus du commun des mortels… ?

Développement  « personnel », conscience de soi et volonté d’amélioration de soi

Nous nous développons tous : que nous le voulions ou non ! Vous pouvez fort bien ne pas avoir envie de grandir : vous grandirez pourtant ! Vous pouvez fort bien ne pas avoir envie de voir des cheveux blancs apparaître au niveau de vos tempes : vous n’y échapperez pas (hormis…en devenant chauve, ce qui n’est peut-être pas pire, mais pas forcément mieux…;-) ) ! Bref : le développement, dans un sens positif comme négatif, est en nous. Pour utiliser un autre terme, celui du « changement » : nous changeons, que nous le voulions ou pas ! Nous perdons des neurones, nous en gagnons d’autres sans que cela prenne sa source dans un projet rationnel conceptualisé à l’avance puis bien mené de bout en bout ; et cela se passe donc « en nous, sans nous » : sans effort particulier que nous devrions fournir pour produire de tels effets. En résumé : nous nous développons, nous changeons, et cela, quoi que nous fassions. Cela se poursuit en nous, le plus souvent à notre insu et donc sans que nous en ayons conscience.

Là où l’idée de « développement personnel » devient une piste existentielle intéressante, c’est quand elle nous propose certains développements, certains changements sur la base de notre conscience : conscience de ce qui mériterait d’évoluer sur la base d’efforts que notre volonté peut enclencher si toutefois nous éprouvons le désir de vivre demain une vie meilleure que celle d’aujourd’hui sur divers plans : davantage de vitalité, d’énergie, de créativité, de sentiment de bien-être, de relations enrichissantes, d’argent sur notre compte à la fin du mois pour davantage de sérénité, ou pour davantage de vacances et pour davantage de temps libre… N’est-ce pas là une proposition intéressante ? A première vue, tout le monde est forcément intéressé par semblable proposition. C’est lorsqu’il est indiqué que cela va demander quelques efforts qui sont, justement « personnels » (comme le développement « personnel ») que les troupes ont toutefois tendance à déserter et à s’éloigner de la proposition initiale. Et pourtant…

Et pourtant, il y a tant de joie à finir par arriver à faire ce qu’on avait depuis si longtemps envie de faire, tant de joie à voir sa petite famille partir en vacances grâce à de l’argent issu de notre travail, tant de plaisir à tenir entre ses mains le premier livre qu’on finit enfin par publier, tant d’émotion à remporter la victoire lors d’une compétition en vue de laquelle on s’était entraîné depuis si longtemps… Tout cela aura d’autant plus d’intérêt et de valeur à nos yeux qu’il aura fallu des efforts réguliers, disciplinés pour y arriver : ça ne sera pas arrivé « tout cuit », comme on dit. Autant il était aisé de dépenser sans compter l’argent de poche donné par papa, maman sans donner de « valeur » particulière à cet argent, autant l’argent gagné « à la sueur de son front » aura le goût de l’effort et sera…un peu plus difficile à dépenser…

« Développement » personnel : l’idée d’aller vers le mieux…

S’il s’agit de se « développer » et que cela se base sur notre volonté au lieu que cela se fasse automatiquement, c’est qu’il s’agit, à l’évidence, de viser à aller vers le mieux. Concédons-le : la majorité d’entre nous veut bien engager un minimum d’efforts s’il s’agit d’ « aller vers le mieux ». Si le « développement » personnel et le changement étaient la promesse d’aller vers un état personnel et une situation personnelle moins bons, peu d’entre nous « voudraient », de fait, aller dans ce sens-là. L’idée de « développement personnel », c’est donc, bien au contraire, l’idée de viser, en conscience et grâce à la volonté et l’action, à aller vers du mieux : du mieux en matière de santé, du mieux en amour, du mieux en amitié, du mieux au niveau professionnel, du mieux en matière de finances, en matière de temps de loisirs et de vacances, etc.

Aller vers le mieux, en tous domaines : pourquoi se priver d’essayer cela ? Surtout si chaque progrès enclenché à un niveau ou un autre est générateur de plaisir, de joie, de félicité dès qu’on regarde dans le rétroviseur la progression accomplie ?

Finalement : qui est « vraiment » contre le fait de voir sa vie s’améliorer à tous les niveaux ? Qui est contre le fait de faire le nécessaire pour faire passer sa vie à un niveau supérieur ? Probablement pas grand monde !

Dernières questions : qui « arrive », qui « réussit vraiment » à faire que sa propre vie s’améliore « effectivement » à tous les niveaux ? Et qui « réussit » à faire que sa vie passe au niveau supérieur ? Il y a fort à parier que c’est le cas d’une infime minorité. C’est ici que le « développement personnel » nous apporte de précieux conseils en stratégies de réussite pour vivre notre vie « intentionnellement »1, « en conscience », en visant à faire que cette vie soit fort proche de ce que nous souhaitions qu’elle soit. Pourquoi, dans ce cas, ne pas se laisser tenter ? Pourquoi ne pas essayer certains de ces conseils en stratégies de réussite ?

Ce sont de tels conseils que j’évoquerai ici : non pas des conseils qui seraient complètement miens et que je vous inciterais à suivre sous peine de passer à côté de votre vie, mais des conseils ayant déjà fait l’objet de réflexions élaborées par d’autres que moi, des conseils que j’ai suivis et qui se sont avérés fort bénéfiques : faisant qu’entre les aléas de la vie, la petite barque de ma propre existence aille de l’avant, avec moi-même au gouvernail, donnant le cap dans une certaine joie et une véritable bonne humeur…

Bien des choses ont permis que ma vie s’améliore. Si bon nombre de ces choses tiennent à la chance, il en est aussi bon nombre qui tiennent au fait d’avoir suivi une certaine façon de cheminer : une façon spécifique d’aller de l’avant de façon consciente et volontaire. C’est de ce type-là de « développement personnel » que je veux vous parler. Encore une fois : qui sait ? Si cela m’a tant apporté dans plusieurs secteurs de ma propre existence, pourquoi cela ne pourrait pas vous aider à votre tour à améliorer certains pans de votre vie ? « Au pire » cela ne marchera pas pour vous, et il sera encore temps d’essayer quantité d’autres pistes ici ou ailleurs. Rien ne nous interdit de « changer de crèmerie »… « Au mieux », maintenant, il peut se faire que cela marche pour vous autant que cela a marché pour moi. Dans ce cas, pourquoi pas ? Qu’en pensez-vous ? Cela relève d’un choix, le vôtre ; et d’une liberté : la vôtre. Liberté d’essayer, ou de ne pas essayer. Merveilleuse liberté, non ?

1 Sur l’idée de mener sa vie, autant que faire se peut, de façon « intentionnelle », cf. Jim Rohn (1991), Les cinq pièces clés du puzzle de la vie. Un guide de réussite personnelle. Editions du trésor caché. p.27.

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